Sélectionner une page

Dans cet article, je vous donne 3 conseils de base pour mieux réussir vos réglages en photo.

Dès qu’un lecteur du blog s’abonne à ma newsletter, je lui envoie très vite un petit questionnaire dans lequel je lui demande, entre autres, ce qui l’empêche de progresser en photographie animalière.

À ce jour, j’ai plus de 1050 réponses ! Donc ça n’est pas la matière qui manque 😊.

Je me sers donc de ce gros corpus de questions pour régulièrement y répondre dans un article aussi complet que possible. D’ailleurs, vous pouvez lire le premier de la série ici où j’explique notamment comment déclencher pile au bon moment.

Problème #1 : mes photos sont toujours trop sombres

C’est une question d’Alain.

Quand on parle de photo trop sombre ou bien trop claire, cela fait appel à l’exposition. Si vous trouvez vos photos trop sombres selon vos goûts, alors ça veut dire que lors de la prise de vue, votre appareil photo n’a pas mesuré la lumière de la scène comme vous auriez aimé qu’il le fasse.

Quand vous appuyez à mi course sur le déclencheur, l’appareil photo analyse la quantité de lumière présente dans la scène que vous visez. Et selon cette quantité de lumière, il effectue les réglages nécessaires pour donner une photo qu’on appelle « bien exposée ». C’est à dire ni trop sombre, ni trop claire.

renardeau-roux
Une photo bien exposée

Pour bien comprendre cette notion d’exposition, je me permets une analogie avec un salon de coiffure ! Si si j’ose ! 🙂

On est tous allé un jour ou l’autre dans un salon de coiffure. On sait donc, à peu près, comment ça se passe quand une dame se « fait faire une décoloration ».

Un produit décolorant est appliqué sur la chevelure et, selon l’effet désiré, la-le coiffeuse-coiffeur laisse plus ou moins longtemps le produit sur les mèches.

C’est simple : plus vous laissez agir le produit, plus les cheveux sont clairs.

Pourquoi ? Le produit aura eu plus de temps pour effectuer les réactions chimiques.

En photographie, c’est exactement pareil. Sauf que, vous l’avez compris, le produit décolorant est la lumière et les cheveux sont le capteur numérique.

Donc si vous voulez une photographie plus claire, alors il faudra laisser la lumière plus longtemps impacter le capteur.

Pour une photo plus sombre, c’est le contraire.

Dans le cas d’Alain, il trouve que ses photos sont trop sombres. Ses réglages n’ont donc pas laissés assez de temps aux rayons lumineux d’exciter le capteur.

Alain n’a donc pas d’autres choix que de donner l’ordre à son appareil de laisser plus de lumière entrer dans la chambre s’il veut « éclaircir » ses photos.

Première étape : ne pas être en mode vert, le tout auto. Car là, Alain ne peut rien faire … sauf à se plier aux réglages imposés par l’appareil et à espérer que les algorithmes de ce dernier fassent du bon boulot (des fois ça arrive !)

Deuxième étape : ne mettre en mode P. C’est quoi ? Un super mode pour sortir tranquillement du mode vert sans stress. Ce mode fait tout pareil que le mode vert à la différence que si Alain n’est pas d’accord avec ce qui est proposé, il peut changer ! (ce qui n’est , je le répète, pas possible en mode Auto).

Voici typiquement une photo trop sombre

Exemple concret

Alain est sur la plage avec ses enfants. C’est en plein milieu d’après-midi en août. La lumière abonde, il en arrive de partout ! Du ciel, évidemment, mais aussi du sol avec la réverbération.

Alain sort son appareil pour immortaliser son fils sous le parasol, à l’ombre, en cadrant large parce qu’il veut mettre cette belle plage en fond. Il déclenche, vérifie sur l’écran arrière et là, mince, le fiston est tout sombre sous son parasol.

La raison ? Et bien vu la très grande quantité de lumière présente sur le lieu, l’appareil s’est dit « oulà, y a beaucoup de lumière ici, je vais appliquer des réglages pour que le temps d’exposition du capteur des cheveux à la lumière au produit décolorant ne soit pas trop long ! »

Au final, tout le sable est parfaitement exposé (ni trop clair ni trop sombre) mais le sujet principal de l’image, l’enfant, est très sous-exposé !

La solution pour Alain ?

  • Basculer en mode P.
  • Laisser faire l’appareil.
  • Prendre une photo de contrôle.
  • Se rendre compte que son sujet est trop sombre.
  • Contre-dire le réglage initial de l’appareil en lui donnant l’ordre de laisser entrer plus de lumière.
  • Suffit alors de faire ce qu’on appelle une correction d’exposition vers la droite (appui sur la touche +/- et tourner la roue crantée à droite)
  • Reprendre une photo, revérifer et se rendre compte que, ok, le sable est surexposé, mais pas grave car le sujet, lui, est parfaitement exposé !
l’eau était très éclairée, comme le sable de la plage. J’ai donc corrigé l’exposition de +1,3IL

Avec beaucoup de pratique, et des centaines de prises de vue plus tard, Alain sera capable d’anticiper les erreurs de mesure d’expo de son appareil. Il pourra, à priori, faire cette fameuse correction d’expo, parce qu’il sait, d’expérience, que vu la scène sous ses yeux, son appareil ne fera pas les bons choix.

Problème #2 : savoir faire les bons réglages au bon moment

Question de Nadine

Pas de secret. En photo comment dans n’importe quelle activité, c’est la quantité de pratique qui permet d’être performant.

C’est à dire l’entraînement.

Je vais donc remettre ma casquette (avec quelques toiles d’araignées et un peu délavée, j’avoue !) d’ancien entraîneur de volley-ball. Vous ne le savez probablement pas mais dans une autre vie j’ai entrainé des équipes de volley (j’ai même mon diplôme de Brevet d’Etat 😎)

Quel est l’intérêt d’un entraînement de sport ? Mettre artificiellement les joueurs dans des situations de matchs, où l’unique enjeu réside non pas dans la victoire, mais dans l’apprentissage.

Quel apprentissage ? Celui de faire le bon choix en fonction la situation.

Je veux que l’attaquant envoie la balle là où il n’y a pas de défenseur adverse. Je vais donc inventer un exercice qui va apprendre à l’attaquant de faire le bon choix d’attaque selon comment s’organise la défense adverse.

Et ce type d’exercice sera répété autant de fois que nécessaire pour systématiser les bons choix de l’attaquant. Qu’il fasse le bon geste, au bon moment, et rapidement, en fonction de l’adversaire.

Exactement ce que rêve de faire tout photographe animalier non ? Faire le bon réglage, au bon moment, et rapidement, en fonction de la scène.

Donc sport et photographie animalière, même combat.

Vous vous dites que c’est plus facile dans le sport parce qu’on peut s’entrainer ? Rien ne vous empêche de faire la même chose en photo ! Oui, rien ne vous empêche de faire des exercices photos, comme des exercices de sport, pour systématiser vos gestes de réglages.

Pour réussir cette photo d’enfant j’ai dû être très réactif.

Exemple concret

Etape #1 – diagnostic

Trouver votre point faible ou pour être pédagogiquement correct, votre point à améliorer.

Pour l’exemple, choisissons : la difficulté à faire la mise au point quand des éléments se trouvent entre le sujet et vous. L’AF patine et surtout accroche tout sauf, votre sujet.

Etape #2 – s’inventer un exercice

Pas la peine de se casser la tête pendant des heures. Allez au plus simple. Pour s’entrainer à réussir sa mise au point quand des végétaux ou tout ce que vous voulez se trouve devant le sujet à photographier, une solution peut être de faire la mise au point manuellement.

L’entrainement pourra être ça : prenez un objet, moi j’aime bien utiliser des peluches (je pique celles de mes enfants ! 🙈) et placez le derrière une haie, un arbuste, des branchages.

Mettez vous devant ces végétaux et entrainez-vous à manipuler la bague de mise point pour faire le focus le plus vite possible.

Etape #3 – répéter cet exercice

Ne le faire qu’une seule ne sert pas à grand chose. Même à rien. L’idée est de répéter autant que nécessaire pour automatiser le geste. Tourner dans le bon sens, sans perdre de temps.

Le jour où vous serez face à une situation similaire en vrai, sur le terrain, le jour où votre Autofocus n’accrochera pas le sujet à cause d’éléments parasites devant l’objectif, vous serez capable de faire le bon choix, au bon moment et rapidement !

Il est évident que ce principe d’entrainement répétitif est applicable pour n’importe quel réglage à faire : ouvrir/fermer le diaphragme, corriger l’exposition, déplacer le collimateur, modifier le mode de mesure d’exposition, …

Pour cette photo de pic épeiche, j’ai fait la mise au point manuellement à cause des branchages devant.

Dernière chose.

N’attendez pas votre unique sortie « officielle » de la semaine pour manipuler votre appareil ! Vous n’imagineriez pas un joueur de volley-ball (ou de n’importe quel sport) attendre le match du week-end pour faire des services ! Il ne serait pas performant.

Alors ne le faites pas non plus pour la photographie. Manipulez dès que possible 10-15 minutes régulièrement pour être au taquet le week-end !

Problème #3 : gestion de la vitesse et de l’ouverture

Question de Gaëtan

Petit rappel.

  • L’ouverture : c’est l’ouverture du diaphragme. Le diaphragme est une pièce mécanique située à la base de l ‘objectif permettant d’ajuster la quantité de lumière entrant dans l’appareil, placé derrière. Un diaphragme est à l’objectif ce qu’est la pupille à l’oeil.
  • La vitesse : c’est la vitesse d’obturation ajustée par l’obturateur. C’est aussi une pièce mécanique, placée juste devant le capteur du reflex, qui détermine également la quantité de lumière qui va aller sur le capteur. Un obturateur est à l’appareil ce qu’est la paupière à l’oeil (une espèce de rideau qui ouvert laisse passer la lumière et fermé, non)

Donc, oui, ces deux pièces, le diaphragme et l’obturateur, ont le même rôle : ajuster la quantité de lumière excitant le capteur.

SAUF QUE, les conséquences sur le rendu esthétique final de la photo ne sont pas du tout les mêmes selon que vous faites varier la taille du diaphragme ou la vitesse d’ouverture/fermeture de l’obturateur.

Et c’est ça qui doit poser souci à Gaëtan.

Des deux outils à disposition pour modifier la charge de lumière(diaphragme ou obturateur) lequel utiliser ?

La réponse est simplissime.

L’unique critère à prendre en compte est : votre intention photographique. Autrement dit : à quoi voulez-vous que ressemble votre sujet sur la photo ? Quelle place voulez-vous lui accorder ?

Exemple concret.

Repartons sur l’exemple du sport. Cette fois-ci, c’est la fille de Gaëtan qui fait de la gymnastique. 🤸‍♀️ C’est son tour et elle passe au sol. Là, Gaëtan a quatre principales intentions donc quatre choix artistiques possibles :

  1. montrer une pose particulière en plein mouvement = figer le mouvement de sa fille en pleine action
  2. montrer la vitesse d’exécution d’un mouvement = flouter le mouvement
  3. montrer la foule qui regarde sa fille = inclure toute la scène
  4. montrer uniquement sa fille, sans le reste autour = faire un portrait

Vous avez anticipé : selon ce que Gaëtan choisira de faire, il devra jouer avec ses deux outils préférés :

  • Le diaphragme
  • L’obturateur

Choix #1 : montrer une pose particulière en plein mouvement

Ici, Gaëtan devra utiliser une vitesse d’obturation élevée. Pour figer un mouvement rapide (lors d’un salto) , il faut une vitesse d’au moins 1/1000 de seconde (je n’ai jamais photographié ça mais la vitesse minimum à mon avis).

Donc il choisi le mode Tv ou S et tourne la molette vers la droite jusqu’à voir apparaitre cette vitesse.

1/2000 s pour figer le mouvement de cette mouette dans l’eau.

Choix #2 : montrer la vitesse d’exécution d’un mouvement

Là aussi Gaëtan va jouer avec la vitesse. L’idée étant de donner à celui qui verra la photo l’impression de mouvement grâce à du flou de mouvement … fait exprès ! Pas vraiment le choix que de tâtonner pour trouver la bonne vitesse :

  • trop rapide : pas assez de flou, voire pas du tout, on retombe alors dans le rendu précédent
  • trop lent : on ne distingue plus rien, le sujet (sa fille) est trop flou et ne représente qu’un masse informe.
    Tout l’art du photographe est de trouver la bonne vitesse pour donner du flou de mouvement aux membres tout en gardant la tête nette !
Pour montrer le mouvement de ce groupe d’huitriers pie, j’ai pris une vitesse de 1/40s
Une photo du photographe de sport talentueux Michaël Bonnami – Exifs : 1/20 – ISO 64 – f/4.5

Choix #3 : montrer la foule qui regarde sa fille

L’idée ici est d’intégrer dans la photo le plus de plans possibles. L’avant plan (le praticable, le tapis) comme l’arrière plan (les spectateurs).

Changeons d’outil : rangeons la vitesse pour prendre le diaphragme.

L’ouverture / fermeture du diaphragme (pièce mécanique) influe sur la Profondeur de Champ. Ce que c’est ? La taille de la zone de netteté.

Et c’est super facile à comprendre et appliquer sur le terrain.

  • Vous voulez une grande zone de netteté ? Fermez le diaphragme (grand chiffre f/).
  • Vous voulez une petite zone de netteté ? Ouvrez le diaphragme (petit chiffre f).

Je vous pose la question : dans ce choix artistique #3, quel valeur de chiffre f/ Gaëtan devra choisir ? …. Oui, bien vu : un grand chiffre f/, un petit trou de diaphragme pour avoir la profondeur de champ la plus grande possible.

Ce bouquetin est bien montré dans son environnement

Choix #4 : montrer uniquement sa fille, sans le reste autour

Autant Gaëtan voulait une grande profondeur de champ précédemment, autant il souhaite parfaitement le contraire ici. Flouter tout devant et tout derrière sa fille.

Pour y arriver, là encore il va jouer avec l’ouverture du diaphragme. Avant de lire la suite de la phrase, essayez de deviner quel chiffre f/ …. Oui ! Un tout petit chiffre, à vrai dire, le plus petit possible permis par l’objectif. Par exemple f/4.

Faisant cela, la zone de netteté sera réduite et Gaëtan obtiendra un joli portrait de sa fille où elle seule est bien nette. Rien de mieux pour mettre en valeur une personne, un objet, un animal.

Cet anémone pulsatile est mise en valeur grâce au flou d’avant et d’arrière plan très prononcé.

Une petite remarque : je vais là à l’essentiel, mais avant de me faire houspiller dans les commentaires 😁, sachez que deux autres facteurs influencent la zone de netteté :

  • la longueur focale de l’objectif
  • la distance relative du sujet par rapport au photographe et aux autres plans de la scène.
Voici le type de schémas qu’on peut trouver dans mes cours photos .

Vous avez remarqué ?

  • La vitesse d’obturation influence le rendu du mouvement du sujet.
  • Le diaphragme influence l’importance donnée au sujet par la profondeur de champ.

Conclusion

La photographie c’est ultra-simple.

Il suffit de déterminer son intention photographique, c’est à dire le rendu esthétique désiré. Et de choisir les bons outils (les réglages) pour y arriver. Plus facile que n’importe quel instrument de musique ou pratique sportive.

Seulement … cette simplicité n’empêche pas d’apprendre les bases. Car sans elles, vous prenez le risque de pédaler dans la semoule pendant longtemps et de rester coincé dans vos difficultés.

Pour éviter ça et vous donner un vrai bon coup d’accélérateur dans votre progression, ce jeudi matin 24 janvier, j’ouvre pour 3 jours uniquement les inscriptions à mon programme de formation en ligne « L’Essentiel de la Photo ».

Le programme parfait pour le débutant qui veut très vite faire sauter ses blocages.

Une méthode utilisée avec succès à ce jour par 316 élèves. Comme Muriel par exemple.