Une photo doit avant tout raconter une histoire

On a tous entendu ce genre de phrase. Et nous sommes bien sur d’accord avec ça. Ok, mais avez-vous déjà vraiment vu une telle photo ? Je pense que oui, sauf que vous ne vous êtes pas dit en la regardant  » ah tiens, cette photo raconte une histoire !  » 🙂 Non, par contre, pour cette même photo, votre réaction devait plutôt ressembler à ça :  » oh p….. , incroyable cette image !  » Vous vous êtes reconnus n’est-ce pas ? 😉 Bon et bien si vous avez eu cette réaction c’est justement parce que l’image en question avait un coté narratif !

Une vidéo pour comprendre

Des photos seraient un excellent moyen pour bien comprendre cet art. Figurez-vous que j’ai largement mieux ! C’est une vidéo vraiment géniale. Il y a quelques jours, je ne connaissais pas David Griffin. C’est en préparant cet article que je suis tombé un peu par hasard sur une conférence de ce monsieur qui n’est ni plus ni moins que le directeur de la photographie pour le prestigieux National Geographic. Ca vous pose un homme ! 🙂

Le sujet de sa conférence est justement la manière dont les images nous rassemblent tous autour des histoires qu’elles racontent. Je me suis dit que cette vidéo ne pouvait pas mieux illustrer cette phrase  » une photo doit avant tout raconter une histoire « . Regardez-la ! Je vous assure qu’elle est exceptionnelle. Et je pèse mes mots. Pour trois raisons en fait :

– la première, pendant la présentation les photos diffusées sont magnifiques. Des images de nature évidemment, mais aussi de société, parfois dures d’ailleurs, mais très fortes émotionnellement

– la seconde, c’est que David Griffin possède un sacré talent d’orateur. Ecoutez le raconter des anecdotes et la génèse de certaines photos et vous comprendrez ce que je veux dire.

– la troisième et dernière est la conséquence des deux premières. A la fin de cette vidéo, vous aurez enfin compris ( en tout cas c’est mon cas 🙂 ) ce que vous dire  » prendre des photos pour raconter des histoires « . Vous saurez que cette phrase est ce qui doit vous guider à chaque fois que vous préparerez une photo, de l’image que vous avez en tête au moment du déclenchement.

Ah ! Et j’oubliais un point essentiel ! Cette conférence est en anglais, of course, mais un excellent sous titrage en français permet de ne pas en louper une miette. Et cerise sur le gâteau, une transcription texte est disponible en dessous de la vidéo.

La preuve par l’exemple

Allez je m’y colle : je mets deux de mes images sur le grill. Sur les deux, j’estime qu’une seule n’est valable … car elle raconte, à mon sens, quelque chose. L’autre est juste belle, esthétique, et c’est tout.

Pour reprendre une phrase de David Grifin,  » ( … ) Mais encore plus important, vous devez savoir créer une histoire derrière l’image « . Et c’est sans aucune prétention que je pense avoir réussi cela avec cette image de combat de hérons.

La photo réussie par excellence : on passerait des heures à la regarder © Vincent Munier

La photo réussie par excellence : on passerait des heures à la regarder © Vincent Munier

Pas la peine de longs discours pour comprendre ce que vous voyez non ? Deux hérons s’affrontent pour certainement le meilleur endroit à nourriture de la place. Certes, cette photo est loin d’être parfaite 🙂 Regardez l’aile gauche du héron de gauche, elle est coupée, sur cette même aile, des branches au premier plan la cachent, elle manque de piqué et pourtant, je suis quasi certain qu’elle attire votre regard et même mieux, vous la regardez un petit moment en vous imaginant la scène.

Regardez les images des meilleurs et imprégnez-vous

Pour votre culture photographique ( mais aussi la mienne 😉 ) je vous mets ci-dessous les photographes mentionnés dans cette vidéo avec leur site. Allez, je prêche pour ma paroisse alors j’ai placé les photographes animaliers en gras 😉

Quoiqu’il en soit, ces photographes sont tous des références dans leurs domaines et savez-vous pourquoi ? Je pense que oui maintenant 😉 ils ont su raconter des histoires avec leurs photos, mais pas qu’une seule fois, des dizaines de fois. Donc, si vous voulez vous imprégner de cette notion, allez-y, cliquez sur ces liens et regardez, admirez ces images qui ne pourront que vous aider à devenir un meilleur photographe, animalier ou pas 🙂 .

Paul Nicklen Des photos qui valent vraiment le coup d’oeil

Nick Nichols Là encore, des images animalières époustouflantes

David Doubilet Des images sous marines grandioses

Brian Skerry Des photos  » under the sea  » à voir absolument

Steve McCurry Auteur d’une des photos les plus célèbres : la fille afghane aux yeux verts

Transcription texte

Le texte en dessous n’est que la transcription texte de la conférence de David Grifin. Ca peut toujours être utile 🙂 !

Introduction

Commençons par observer quelques belles images. Cette photo est une icône du National Geographic, une réfugiée afghane prise par Steve McCurry. Le Harvard Lampoon s’apprête à publierune parodie du National Geographic, et je tremble rien qu’a l’idée de deviner ce qu’il adviendra de cette photo. Oh, la courroux de Photoshop.

Voici un avion en train d’attérir à San Francisco photographié par Bruce Dale. Il a fixé un appareil photo sur la queue de l’avion. Voici une image poétique pour un roman sur Tolstoy par Sam Abell.Des pygmées en République Démocratique du Congo par Randy Olson. J’adore cette photo parce qu’elle me rappelle la sculpture de bronze de la Petite Danseuse de Dega. Un ours polaire nageant dans l’Arctique par Paul Nicklin. Les ours polaires ont besoin de glace afin de se mouvoir d’avant et en arrière ce ne sont pas de très bons nageurs. Et l’on sait ce qu’il advient de la glace. Voici des dromadaires se déplaçant dans la Rift Valley en Afrique. photographiés par Chris Johns.

Photographiés en plongée, donc ce sont les ombres des dromadaires. Voici un propriétaire de ranch au Texas photographié par Abert Allard, un grand portraitiste. Et Jane Goodall, en pleine connexion privilégiée, photographiée par Nick Nichols. Voici un soirée mousse en Espagne photographiée par David Alan Harvey. Et David a dit qu’il y avait pleins de choses bizarres qui se passaient sur la piste de danse. Mais, bon, au moins c’est hygiénique. (Rires)

Voici des lions de mer en Australie faisant leur danse à eux, par David Doubilet. Et voici une comète photographiée par le Dr Euan Mason. Et enfin, la proue du Titanic, sans les stars de cinéma, photographiée par Emory Kristof. La photographie renferme un pouvoir grandissant avec le tourbillon incessant du monde saturé des médias, parce que la photographie capture l’instant à la manière dont notre esprit stigmatise un moment qui lui semble significatif.

Anectode

Voici un exemple. Il y a 4 ans, j’étais à la plage avec mon fils, et il apprenait à nager dans les vagues relativement calmes des plages du Delaware. Mais j’ai tourné le dos un instant et il a été emporté par le contre-courrant et a commencé à s’éloigner vers la jetée. Je peux être ici et voir, alors que je m’élance dans l’eau après lui, ce moment ralentir et s’immobiliser de cette manière. Je peux voir les rochers de ce côté. Une vague est sur le point de l’engloutir. Je peux voir sa main émerger, et je peux voir son visage terrifié, me regardant, et disant, « aide moi Papa« . Je l’ai attrapé, la vague s’est abattue sur nous.

Nous sommes revenus sur le rivage, il allait bien. Nous étions un peu sonnés. Mais cette « mémoire éclair » comme on l’appelle,c’est lorsque tous les éléments s’agrègent pour définir non seulement l’événement lui-même, mais mon rapport émotionnel à celui-ci. Et c’est cela que la photographie pointe lorsqu’elle crée sa propre puissante connexion à l’observateur.

Maintenant je dois vous dire, Je discutais de cela avec Kyle la semaine dernière, je lui ai dit que j’allais raconter cette histoire. Et il m’a dit : « Oh oui, je me rappelle de cela aussi ! Je me rappelle de l’image que j’avais de toi tu étais sur le rivage en train de hurler dans ma direction » (Rires) Je croyais que j’étais un héros. (Rires)

Donc… ceci représente – c’est un échantillonnage de quelques images remarquables prises par quelques uns des meilleurs journalistes photo au monde au sommet de leur art. A l’exception d’un.Cette photographie a été prise par Dr Euan Masonen Nouvelle Zélande l’année dernière, et elle a été proposée puis publiée au National Géographic.

L’année dernière, nous avons ajouté une rubrique à notre site web intitulée « Vos prises de vue » où n’importe qui pouvait proposer des photographies pour une éventuelle publication. Et cela s’est transformé en gigantesque succès, en interpellant l’enthousiasme de la communauté des photographes. La qualité de ces photos d’amateurspeut, parfois, être incroyable. Et observer cela n’a fait que conforter en moi, l’idée que chacun de nous a au moins une ou deux magnifiques photographies en lui.

Mais pour devenir un grand journaliste photo, vous devez avoir plus d’une ou deux grandes photos en vous. Vous devez être capable d’en produire tout le temps. Mais encore plus important, vous devez savoir créer une histoire derrière l’image. Vous devez savoir raconter l’histoire. Je vais maintenant partager quelques couverture avec vous qui à mon sens illustrent cette dimension narrative de la photographie.

Histoire 1

Le photographe Nick Nichols a travaillé sur une toute petite réserve animale plutôt inconnue au Tchad, qui s’appelle Zakouma. Son intention première était de se rendre sur place et rapporter de ce voyage une histoire traditionnelle d’espèces variées, d’un endroit exotique. Et c’est ce que Nick a fait jusqu’à un certain point. Voici un serval d’Afrique. Il est en fait en train de se photographier lui-même, en utilisant un procédé appelé « camera trap » qui consiste en un rayon infrarouge qui traverse la scène, il a coupé le faisceau ce qui a déclenché sa photo.

Voici des babouins à un point d’eau. Nick -avec son appareil, encore une fois, un appareil automatique- a pris des milliers de photos de cette scène. Et Nick se retrouva avec beaucoup d’images de derrières de babouins. (Rires) Voici un lion se régalant tard dans la nuit vous pouvez remarquer qu’il a une dent cassée. Et voici un crocodile qui sort d’une rive en direction de sa tanière. J’aime ce petit filet d’eau qui s’écoule le long de sa queue.

Mais l’attraction principale de cette histoire de Zakouma sont les éléphants. C’est un des plus grands troupeaux intact dans cette zone d’Afrique. Cette photo a été prise au clair de lune, un paramètre que la photographie digitale a grandement changé. C’est avec les éléphants qu’eut lieu le tournant de cette histoire. Nick, accompagné du chercheur le docteur Michael Fray, ont attrapé la matriarche du troupeau.Ils l’ont appelée Annie. et ils ont commencé à suivre ses déplacements. Le troupeau était en sécurité dans les limites du parc grâce aux soins de ces rangers consciencieux. Mais lorsque les pluies annuelles débutèrent, le troupeau commença à se déplacer vers des sols riches en nourriture hors du parc.

Et c’est là que les ennuies commencèrent pour le troupeau. Car à l’extérieur de la zone protégée du parc, il y a avait des braconniers qui les chassaient juste pour recueillir leurs défenses en ivoire. La martriarche qu’ils avaient suivi grâce au signal radio, s’était déplacées à l’intérieur et hors du parc pendant des semaines, et vit son histoire s’arrêter là.

Annie avait été tuée, ainsi que 20 membres de son troupeau. Et ils étaient venus uniquement pour l’ivoire. Voici un des rangers. Ils ont pu chasser l’un des braconniers et récupérer l’ivoire. Ils ne pouvaient pas le laisser sur place, car cela a de la valeur. Mais ce que Nick a fait, c’est qu’il a rapportéune histoire qui a dépassé les stéréotypes traditionnels où on se contente de dire « n’est ce pas un monde extraordinaire ? » Et au lieu de cela, il a crée une histoire qui a profondément touché notre public. Au lieu de procurer des connaissances sur le parc, il a instauré une relation de compréhension et d’empathie avec les éléphants, les rangers et les problématiques inhérentes au conflit entre l’homme et l’animal.

Histoire 2

Dirigeons nous à présent vers l’Inde. Parfois, on peut raconter une histoire d’un angle de vue rétréci. Nous travaillions sur la même problématique que Richard Wurman traite dans son projet intitulé « Les nouvelles populations mondiales ». Pour la première fois de l’histoire, plus de gens vivent dans des environnements urbains que dans des environnement ruraux. Et la plus grosse partie de cette croissance n’a pas lieu dans les ville. mais dans les taudis qui les entourent.

Jonas Bendiksen, un photographe très dynamique, est venu me voir et m’a dit, « Nous devons travailler sur ce phénomène et voici ma suggestion : faisons le tour du monde et prenons en photo chaque petit taudis » Et j’ai répondu :  » Et bien, tu sais, ça risque d’être un peu ambitieux étant donné notre budget« .

Alors au lieu de cela, au lieu de partir et faire ce qui serait devenu un genre de documentaire où vous allez juste jeter un oeil et récolter des petits bouts de tout, nous avons installé Jonas à Dharavi, qui est un quartier de Mumbai, en Inde, et nous l’avons laissé là-bas s’imprégner du coeur et de l’esprit de cette zone caractéristique de la ville.

C’était le meilleur moyen pour lui faire raconter l’histoire de ces endroits par l’image. Le travail de Jonas n’a pas été de se contenter d’y aller et de jeter un regard superficiel aux conditions horribles de ces endroits. Il comprit que cette partie était un organe vivant et vital du fonctionnement urbain tout entier.

En demeurant de manière sédentaire à un seul endroit, Jonas a touché l’esprit intrinsèque qui sous-tend cette communauté, son histoire. Et il l’a fait de manière remarquable.

Histoire 3

Parfois, cependant, la seule manière de raconter une histoire se fait à l’aide d’une image stéréotypée.Nous avons travaillé en collaboration avec le photographe sous marin Brian Skerry et le journaliste photo Randy Olson afin de travailler sur l’épuisement des ressources poissonnières. Nous n’étions pas les premiers à travailler sur ce sujet,mais les photos qu’ont prises Brian et Randyfigurent parmi les plus révélatrices car elles ont mis le doigt sur le désastre à la fois sur l’homme et la nature d’une surexploitation de la pêche.

Ici, sur cette photo prise par Brian, un requin qu’on dirait crucifié a été capturé dans des filets au loin de Baja. J’ai déjà vu des images acceptables de pêche accidentelle, l’animal se retrouvant accidentellement capturé alors que la pêche était destinée à d’autres espèces. Mais ici, Brian a pris un angle de vue inédit en se plaçant sous le bateau lorsqu’ils jetèrent les déchets par dessus bord. Et Brian, pour raconter son histoire a prit des risques encore plus grands afin d’obtenir cette photo inédite d’un filet de chalutier arrachant le fonds marins.

De retour sur la terre ferme, Randy Olson a photographié un marché au poisson improvisé en Afrique, où les restes de poissons capturés dans les filets étaient vendus à la population, les parties les plus nobles ayant été envoyées en Europe. Et ici en Chine, Randy a photographié un marché à la méduse. Comme les ressources primaires se sont amenuisées, la récolte se fait de plus en plus profondément dans les océans et rapporte ce genre de source de protéines. Ce procédé s’appelle la pêche à la chaîne alimentaire.

Mais il y a également des lueurs d’espoir, et à chaque fois que l’on provoque l’événement sur de telles questions, on ne fait pas juste y aller et se contenter de regarder le problème. Nous cherchons également des solutions. Brian a photographié une réserve marine en Nouvelle Zélande un endroit où la pêche à des fins commerciales avait été prohibée, résultant ainsi au retour d’espèces surpêchées, et avec elle une éventuelle solution à la question de la pêche durable. Ce sont histoires qui ont une belle fin.

Histoire 4

La photographie peut aussi nous forcer à nous confronter à des problématiques affligeantes et controversées. James Nachtwey, qui a été encensé à TED l’année dernière, a jeté un oeil au gouffre du système de santé mis en place afin de suivre les soldats américains blessés qui reviennent d’Irak.Cela ressemble à un tunnel où le soldat blessé entre par une extrêmité et ressort chez lui par l’autre.

Jim a commencé sur les champs de bataille.Ici, vous pouvez voir un technicien médical qui s’occupe d’un soldat blessé sur le trajet en hélicoptère qui mène vers un hôpital de campagne.Ici, nous sommes dans l’hôpital de campagne. Le soldat sur la droite a le prénom de sa fille tatoué sur son torse comme un rappel de son foyer. De cet endroit, les soldats les plus gravement blessés sont rapatriés en Allemagne où il retrouvent leur famillepour la première fois. Puis ils sont renvoyés aux Etats-Unis où ils effectuent leur convalescence dans des hôpitaux pour vétérans comme ici à Walter Reed.

Et enfin, souvent appareillés de prothèses dernier cri, ils sont expulsés du système de santé et tentent de retrouver leur vie d’avant le front. Jim a pris ce qui aurait pu être une banale histoire médicale et lui a donné une dimension humaine qui a profondément touchée le coeur de nos lecteurs.

Histoire 5

Ces histoires sont de merveilleux exemples de la manière dont la photographie peut être exploitéepour traiter des sujets les plus importants. Mais il y a aussi des moments dans la vie où les photographes qui sont, lorsqu’ils arrivent, du pur bonheur. Le photographe Paul Nicklin s’est rendu en Antarctique afin de faire un reportage photo sur les léopards de mer. Ils ont rarement été photographiés, en partie parce qu’ils sont considérés comme étant parmi les plus dangereux prédateurs des océans. En effet, une année plus tôt un chercheur avait été entraîné par l’un d’entre eux dans les profondeurs et tué.

Vous pouvez donc imaginer que Paul était un peu hésitant au moment de rentrer dans l’eau. La principale occupation des phoques léopards est de manger des pingouins.Vous connaissez « La marche de l’Empereur » ; et bien là c’est « Le mâchage des Empereurs ». (Rires)Ici un pingouin se rend au bord et regarde si la voie est libre. Et alors tous les pingouins se jettent à l’eau et s’en vont.

Puis Paul est entré dans l’eau. Et il a avoué ne jamais avoir été réellement effrayé par cette femelle qui s’approcha de lui. Elle devait faire -c’est vraiment dommage car on ne peut pas le voir sur cette photo- mais elle mesure 3,60m. C’est donc un bel animal. Et Paul a dit qu’il n’avait pas vraiment peur, parce qu’elle était plus curieuse de le voir plutôt que menacée par lui. Cette mâchoire grande ouverte sur la droite était vraiment sa manière à elle de lui dire « Hé, regarde comme je suis énorme ! » ou « Dis donc, quelles grandes dents tu as! » (Rires)

Puis Paul a pensé qu’elle avait eu simplement pitié de lui. Selon elle, il y avait dans l’eau cette grande créature maladroite qui pour des raisons qui lui étaient inconnues n’avait pas l’air intéressé par la chasse aux pingouins. Elle a alors commencé à lui rapporter des pingouins, vivants et elle les plaçait devant lui. Elle les relâchait et ils s’enfuyaient. Et elle le regardait comme si elle se disait « Ben alors qu’est-ce que tu fais ? » Elle repartait, les attrapait, les rapportait et les relâchait devant lui.

Et elle réitéra cette action en boucle pendant deux joursjusqu’à ce elle se sentit tellement frustrée par son attitude passive, qu’elle décida de mettre les pingouins directement sur sa tête. (Rires) Ce qui donna cette magnifique photo. (Rires) Par la suite, Paul, a pensé qu’elle s’imaginait qu’il ne survivrait jamais. C’est elle un peu gonflée, vous voyezsoufflant dans une sorte de dégoût. (Rires) Et elle se désintéressa de lui pour retourner à ce qu’elle savait le mieux faire.

Conclusion

Paul est parvenu à photographier une créature plutôt mystérieuse, inconnue, et il n’est pas revenu qu’avec une série de photos, mais aussi avec une expérience hors norme et une histoire fantastique.C’est ce genre d’histoires, celles qui transcendent le premier degré, le superficiel, qui nous prouvent le pouvoir du journalisme photo. Je crois profondément que la photographie crée un véritable lien avec les gens, et qu’elle peut être exploitée de manière positive pour comprendre les défis et les opportunités qui attendent notre monde de nos jours. Merci. (Applaudissement)