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Poser cette question en titre c’est déjà y répondre : le renard est un prédateur carnivore et le lapin une proie herbivore. Cela dit, il faut tout de même apporter quelques nuances à cette situation.

Renard et lapin de garenne en collocation

Le renard roux est un animal malin, ça on le sait tous, les contes de notre enfance nous l’ayant assez rappelé. Sauf qu’être malin dans les histoires et dans la vraie vie ç’est évidemment différent. D’un coté son intelligence lui servira à se faire plaisir – croquer une galette – et d’un autre à survivre. Ça en fait une différence !

Alors d’où lui vient cette réputation ? Dans la nature, le renard est un opportuniste : il est capable de tirer parti de très nombreuses situations. C’est d’ailleurs grâce à cette caractéristique que l’on croise le renard en ville : ah … les bonnes poubelles qui trainent sur les trottoirs 🙂

Le renard est tout à fait capable d’élire domicile dans un terrier creusé par d’autres. Pas fainéant, opportuniste je vous dis 😉

Et c’est maintenant que le lapin de garenne entre en jeu ! Voici une citation tirée du Guide des mammifères d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orientrenard (lien d’affiliation Amazon) : « Le renard s’abrite dans un terrier qu’il creuse lui-même ou qu’il emprunte aux lapins, au blaireau et qu’il modifie – cohabite parfois avec les deux espèces». Tout est dit ! La garenne que j’observe pour mon défi en est la preuve par l’exemple. Il suffit de relire l’article de présentation du renard dans les personnages du défi pour bien comprendre. Je confirme par mes observations que Renards, Blaireaux et Lapins cohabitent.

Un renard roux au repos

Un renard roux au repos

Où la cohabitation a ses limites

Sauf que lapins et renards qui font copains copains ça n’existe que dans les contes pour enfant. En vrai, on sait tous que la nature n’a pas doté les animaux de sentiments, en tous cas de compassion ( suffit de voir un chat jouer avec une souris vivante ). Pourtant, si vous voulez mon avis, j’ai quand même l’impression que les renards ont passé un pacte avec les lapins : « ok mister Renard, on te laisse un terrier, mais en échange tu ne nous attaques …pas trop». Vous croyez que c’est possible ? Non, non et non, on n’est pas chez Walt Disney !

Alors comment les lapins font-ils pour ne pas tous se faire manger par goupil ? Ils ont élaboré des techniques :

  • ils sont nombreux
  • ils se reproduisent vite
  • ils tapent du pied pour prévenir tout danger
  • ils courent vite
  • ils peuvent rentrer dans le terrier le plus proche.

Donc là où on pourrait croire que les deux espèces ont signé un accord de paix, il y a en réalité des chassés qui font tout pour le pas l’être et des chasseurs ( les renards, hein, pas les fous de la gâchette ) qui doivent se débrouiller pour manger quitte à tuer des lapins qui ont bien gentiment creusé leur terrier.

Comment cette photo de renard a été prise

A chacune de mes sorties, lorsque j’arrive à proximité de la garenne, j’ai mon petit rituel 😉 .

Je me pose derrière mon buisson préféré et je zieute aux jumelles pour voir ce qui se passe. Ce soir là, comme d’hab, je vois quelques lapins qui commencent à sortir, pas mal de passereaux qui volent de branches en branches, je continue donc mon tour d’horizon et … Je vois un renard étalé de tout son long proche d’une haie.

Génial ! Je poursuis, un autre puis un troisième 🙂 Trois renards se dorent littéralement la pilule au soleil. Rien ne les dérange, sauf quelques papillons qui viennent leur chatouiller les moustaches. Ça c’est une super opportunité ! Je décide de laisser pour ce soir les lapins ( je sais qu’ils ne m’en voudront pas 😉 ) et je décide de consacrer ma sortie à ces trois renards.

Ils sont encore loin, bien 200 mètres, alors quelle stratégie mettre en place pour se rapprocher à bonne distance ?

Déjà, connaitre le sens du vent : je prend une plume d’oiseau trouvée en chemin, je la jette en l’air …suspens … parfait, le vent sera contre moi pour toute l’approche.

Ensuite, il faut se décider du chemin d’approche : pour ne pas me faire repérer, je fais un grand détour, pour pouvoir me poster derrière un gros bosquet, situé à une vingtaine de mètres de mes trois sujets.

Arrivé à cette étape, commence maintenant un long périple d’à peu près dix mètres des renards tout en rampant à la vitesse d’un escargot fatigué !

Tout au long de mon avancée, je suis partagé entre, « bon, t’es pas mal, faudrait quand même pas le déranger trop et le faire fuir» et puis « allez, encore quelques centimètres, t’aura un fond bien flou, et le renard remplira bien ton cadre». Vous savez le petit diable et l’ange sur les épaules ? 😉

Quand j’arrête de ramper, je sais que le renard ne m’a pas encore repérer ( où alors il ne le montre pas ! ). J’appréhende donc les premiers déclenchements, avec mon Pentax K100D qui n’a rien à envier à un coup de fusil ( j’exagère un peu 🙂 ). Clac Clac !! J’attends sa réaction … il lève la tête, regarde dans ma direction, … puis repose sa tête. Ouf ! Finalement, ce bruit a du bon, il m’a permis de tirer le renard de sa sieste pour lui tirer ce portrait.

Au final, il finira bien par partir, et je sais bien que c’est ma présence qui en est la cause. Mon activité photo a donc dérangé le renard, mais sans plus et de toute façon je me dis qu’un simple randonneur l’aurait tout autant fait fuir en passant sur le chemin d’à coté.

Pour ceux qui découvrent le blog et donc mon super défi, voici un petit rappel. Je me suis lancé un défi : suivre pendant 52 semaines les aventures d’un clan de lapins de garenne. Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici.