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J’ai eu le grand privilège d’interviewer pendant plus de 30 minutes le photographe animalier Eric Dragesco. Je n’écris pas ça pour lui faire plaisir ! Vous devriez savoir qu’Eric est notre papa spirituel à tous ! Quand nous n’étions même pas encore à l’état de projet chez nos parents, Eric publiait dans le monde entier ses photos animalières. Je n’ose même pas imaginer le matériel qu’il avait à l’époque 🙂 Si, en fait j’imagine et je suis bien content de pratiquer la photographier animalière en 2014 !

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Jeu concours : le livre « Instants Sauvages » à gagner !

A l’occasion de la sortie de son livre « Instants Sauvages – Regards sur la faune des Alpes » aux éditions Rossolis, j’organise un jeu-concours pour vous permettre de gagner le livre d’Eric ! 🙂 D’une valeur de 44 €, c’est un cadeau sympa non ? Je remercie d’ailleurs vivement les Éditions Rossolis qui m’ont gentiment mis à disposition un exemplaire à cette occasion. Vous pouvez retrouvez l’ensemble de la librairie nature de l’éditeur suisse  : Editions Rossolis

Pour ça, c’est très simple : il suffit de laisser un commentaire à la suite de cet article. Un vrai commentaire qui vaut la peine d’être lu hein ! Soyez chic, évitez le truc du genre  » c’était bien » et prenez 30 secondes de plus pour rédiger quelques lignes intéressantes qui apportent une réelle plus value aux lecteurs.

Le 09 juin à 12h00, je tirerai au sort un commentaire parmi ceux écrits avec le site random.org. Et le gagnant sera celui dont le numéro de commentaire a été tiré au sort. Logique et implacable :-

EDIT du 09 juin 2014 à 12h05 : parmi les 45 commentaires laissés, le commentaire tiré au sort par le site random.org est le n° 10. C’est donc Magali qui est l’heureuse gagnante du livre d’Eric Dragesco !

Et entre nous, je vous invite vraiment à participer à ce petit jeu-concours car le livre d’Eric Dragesco est tout simplement exceptionnel. Premièrement parce qu’il a fallu attendre 19 ans depuis son premier ouvrage ! Deuxièmement car les photos sont sublimes. Pour celui qui aime la faune sauvage, c’est un must have. Et puis, cerise sur le gâteau, les textes mélangent apport naturaliste et informations de prise de vue. Tout ce que j’aime (et donc tout ce que vous aimerez 🙂 ).

Il y a plus de 200 photos et chacune d’entre elle mérite qu’on s’y attarde. Un vrai périple alpin, où l’on découvre la faune sauvage montagnarde à travers l’enchainement des 4 saisons. Eric Dragesco nous délivre en plus à la fin de son livre quelques secrets qu’il utilise pour réaliser ses photographies.

Sinon, il est évidemment possible d’acheter le livre d’Eric. Vous pouvez cliquer sur l’image ci-dessous.

Eric Dragesco : Photographe animalier

Eric Dragesco a commencé la photographie animalière très tôt dans les années 1970 grâce à son grand frère Alain et son père Jean. Son père fut un des premiers photographes animalier en France et inventa même le tout premier système de crosse.

Eric fut très vite pris de passion pour la faune alpine et passa énormément de temps à observer les animaux en montagne. A peine ses études de médecine finies, Eric pris la décision de faire de la photographie animalière son métier. Rapidement de nombreuses agences demandèrent à Eric ses photos pour les diffuser dans le monde entier. Eric ne se contenta pas de la seule faune des Alpes et entrepris de nombreux voyages en Amérique, en Afrique, en Indes.

En 1995, Eric Dragesco publia son premier ouvrage « La Vie Sauvage dans les Alpes ». Cet ouvrage reçu des distinctions prestigieuses comme le Prix Lacroix de l’Académie française. En outre, ses photos ont été primées dans des concours remarquables comme la BBC, et plusieurs fois à Montier-en-Der.

Eric, toujours en quête de nouveaux endroits et de nouvelles espèces à photographier, entreprend de travailler sur des animaux très peu photographiés. C’est pourquoi il effectua des séjours pendant près de 10 ans en Mongolie. Il photographia alors les animaux parmi les plus rares sur terre. Et surtout, il observa et immortalisa l’animal de ses rêves : le léopard des neiges.

Eric Dragesco possède aussi à son actif une grande expérience dans les documentaires animaliers. La célèbre série « Sur les Traces de … » a été diffusée sur les grandes chaines Seasons, TF1, et France 5.

En 2014, il publie son deuxième livre «Instants Sauvages – Regards sur la faune des Alpes  » aux éditions Rossolis.

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Les thèmes abordés dans l’interview

  • une courte biographie d’Eric Dragesco
  • la sortie de son nouveau livre « Instants Sauvages – Regards sur la faune des Alpes » aux éditions Rossolis
  • l’origine des ses images : numériques et argentiques
  • l’explication du processus de création de son livre
  • pourquoi Eric Dragesco a choisi d’écrire des légendes didactiques et naturalistes
  • comment Eric Dragesco a sélectionné ses photos pour son livre
  • pourquoi Eric Dragesco supprime beaucoup de ses photos
  • une anecdote sur le Nikon D4 et son autofocus
  • le nombre de jours qu’Eric passe sur le terrain
  • l’avantage de l’expérience du terrain irremplaçable
  • les contraintes de la photographie animalière en montagne
  • est-ce qu’un photographe animalier est un bon vidéaste ?
  • des astuces pour réussir son film animalier
  • comment Eric fait-il pour photographier les scènes de prédation
  • pourquoi Eric Dragesco a effectué de nombreux voyages en Mongolie
  • ses inquiétudes sur la disparition du Lagopède dans les Alpes
  • l’actualité d’Eric Dragesco pour 2014 et notamment à Montier-en-Der

Lire la transcription écrite de l’interview

Régis Moscardini : Bonjour Eric Dragesco, je te remercie d’avoir accepté mon invitation pour cette interview.

Eric Dragesco : Bonjour.

Régis Moscardini : Alors même si tu es connu par beaucoup de photographes animaliers, pour que tout le monde puisse bien savoir qui tu es, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots s’il te plait ?

Eric Dragesco : Je suis donc un vieux photographe de 60 ans. J’ai commencé la photo à 16 ans en 1970 sous la houlette de mon frère Alain qui était de 7 ans mon ainé et aussi avec l’aide de mon père Jean qui était un précurseur de la photographie animalière puisqu’il a créé le premier téléobjectif sur crosse de fusil. Donc c’était un fusil photographique comme il l’a appelé, et il s’est appelé après le DragescoTar.

Régis Moscardini : Il a vraiment donné son nom à ce qu’il avait inventé ?

Eric Dragesco : C’était le premier doublet, il a inventé le premier doublet, c’est-à-dire l’équivalent du Novoflex, c’est-à-dire un tube avec juste deux lentilles frontales. Lui, il était très fort en optique et il a sorti ça. C’était en 1947, et à l’époque il y en avait que deux ou trois. Le précurseur en Suisse, c’est Charles Boucher et après René-Pierre Bille. Ils étaient très peu nombreux à l’époque.

Régis Moscardini : Tu es suisse ou tu es français, Eric ?

Eric Dragesco : Je suis français et maintenant binational depuis quelques temps parce que ça fait maintenant 20, non plus, ça va faire 30 ans que je suis en Suisse.

Régis Moscardini : Donc c’est une histoire de famille pour toi et tu ne pouvais pas faire autrement que de faire de la photographie animalière.

Eric Dragesco : En fait, à 18 ans j’aurais dû faire des études de biologie, ce que m’avait plus ou moins conseillé mon père mais ma mère préférait que je fasse des études de médecine. J’ai beaucoup réfléchi, j’ai commencé des études de médecine et finalement je les ai terminées mais un peu à la rallonge mais je n’ai pas pratiqué. Quand j’ai fait ma thèse, j’ai connu ma femme en Suisse, on s’est installés en Suisse et là, j’avais quand même pas mal d’images que j’avais engrangées pendant presque une quinzaine d’années et dès qu’un journal, un magazine avait besoin de photos de la faune des Alpes, j’étais là, j’avais une bonne collection et j’ai vécu de ça pendant une dizaine d’années, disons.

Régis Moscardini : D’autant plus qu’à l’époque vous ne deviez pas être très nombreux à pratiquer ça et à pouvoir fournir des images à des magazines comme tu dis, tu étais presque le seul ?

Eric Dragesco : Sur les Alpes, il y avait René Kerby encore. Et puis je ne sais pas, on n’était qu’une dizaine, même pas. Avant c’était une occupation assez rare. Et maintenant ça s’est tellement démocratisé, c’est devenu comme le tennis ou le football, tout le monde le pratique ou presque.

Régis Moscardini : C’est exactement ça, c’est vrai. L’actualité est assez chaude pour toi en ce moment parce que tu sors un magnifique livre « Instants sauvages – Regards sur la faune des Alpes » aux éditions Rossolis. Je suppose que ça doit être un sacré événement pour toi car ton dernier livre remonte à 1995.

Eric Dragesco : J’ai énormément tardé, ça fait 19 ans mais en fait je l’explique dans l’introduction, c’est que j’ai beaucoup voyagé, j’ai fait une dizaine de voyages en Afrique, et puis en Mongolie, en Asie Centrale, j’en ai fait au total 17, donc j’ai fait une trentaine de voyages depuis la sortie de ce bouquin. Et puis surtout depuis 1998, j’ai commencé la vidéo et j’ai créé une société de production et j’ai fait une dizaine de documentaires animaliers de 52 minutes. Donc entre 1998 et 2003, j’ai été pris par la vidéo. Après j’ai rénové un mas en Provence pendant 3 ans.

Donc j’ai été pas mal pris. Et j’ai commencé le numérique en 2008. Ce qui fait qu’en 2013, avec 5 ans de numérique je n’avais pas suffisamment d’images pour faire un bouquin, et j’ai donc pris pour compléter, dans mon bouquin il y a à peu près 20% des images qui sont de l’argentique. Mais on ne le voit quasiment pas. Les images dans ce bouquin, il y a donc 40 en argentique et 160 en numérique. Et puis il y a 40 dessins, j’ai pris comme dans mon premier bouquin, j’ai repris des photos et je fais des dessins.

Régis Moscardini : A partir de tes photos, tu fais tes propres dessins ?

Eric Dragesco : Oui. Alors le premier ouvrage, c’était un ouvrage très conséquent qui reste un peu un ouvrage de référence mais au niveau du texte, j’avais fait beaucoup de textes, j’avais choisi 25 espèces et j’avais fait plus de 800.000 signes. Alors là, je n’ai pas voulu faire la même chose, j’ai mis plus d’espèces, j’ai mis une cinquantaine d’espèces et j’ai fait des légendes suffisamment longues pour qu’il y ait des données et suffisamment courtes pour que ça se lise rapidement. Des légendes pour chaque photo d’environ 1.000 signes.

Régis Moscardini : C’est ça. J’allais y venir. Alors moi j’ai pris un très grand plaisir à le parcourir. Moi j’y ai trouvé mon compte. Il y a évidemment des images superbes mais aussi et surtout, et ce que moi j’ai aimé particulièrement, chose rare, c’est que pour chacune des photos figure un texte descriptif de l’espèce ou de son comportement. Pourquoi tu as fait ce choix ? Tu aurais pu tout simplement mettre les images en pleine page et laisser le plaisir des yeux de la personne qui lit.

Eric Dragesco : Je trouve que les gens ne sont pas tous des connaisseurs, ce n’est pas non plus un bouquin qui est destiné aux spécialistes, c’est pour le commun des mortels. Et puis je vois bien dans la population le gens ne savent même pas la différence entre une martre et une fouine, souvent la fouine ils l’appellent une hermine. Donc j’ai pensé qu’il fallait quand même mettre, donc les 3 premiers quarts de la légende c’est une légende didactique sur l’espèce et puis après j’ai fini avec une petite explication, comment cette photo a été prise. Et des données techniques aussi pour les photographes.

Régis Moscardini : Alors je trouve ce triptyque image, en plus ce sont des grandes images qu’on prend vraiment plaisir à les regarder, ce triptyque image, texte on va dire naturaliste, plus texte descriptif sur le moment de la prise de vue, je trouve que c’est très complet et moi j’y trouve vraiment mon compte en tant que passionné de photographies animalières et d’animaux.

Eric Dragesco : Oui, c’est ce que je voulais faire et j’ai eu la grande chance de rencontrer Monsieur Thomas Wurst des éditions Rossolis qui m’a laissé carte blanche. Je lui ai proposé d’abord de faire un format carré parce que je trouve qu’un format carré se prête très bien à la photo. Le format en hauteur est plus difficile parce qu’on a tendance à faire des doubles pages ou des photos sur une page et demie, et moi j’ai horreur des plis.

Je ne sais pas si tu as vu mais je crois qu’il n’y a que 3 images qui sont en une page et demie. Toutes les autres sont en pleine page, mais dans le format carré en 29 x 29, c’est un ouvrage qui fait 29 x 29, on a quand même des images qui sont quasiment en 20 x 30, ce qui est un beau format. Et l’éditeur, je lui ai dit que je voulais faire des légendes comme ça, il m’a dit, pas de problèmes, il m’a laissé carte blanche. J’ai fait la maquette, tout.

Régis Moscardini : C’est vrai qu’il y a des livres qui se veulent plutôt des livres artistiques, et c’est très bien aussi, il en faut, mais parfois moi dans ces livres-là il me manque quelque chose, et le côté naturaliste, voilà ça me manque. Je trouve que dans ton livre il y a ça.

Eric Dragesco : Oui. Il y a par exemple Fabien Bruggmann qui a fait un bouquin avec Patrice, ils ont sorti un article dans Images dernièrement sur le loup des Abruzzes. Et il a sorti un bouquin justement sur la faune du Jura où il a beaucoup de notes de terrain, même avec des photos moins bonnes, des photos de piège photo où il explique un peu ses rencontres et je trouve ça très intéressant.

Régis Moscardini : Alors justement à la fin de ton livre, alors on est loin d’un livre pour apprendre la photographie animalière, ce n’est pas le but premier de ton ouvrage, mais à la fin tu as quand même laissé une partie qui s’appelle Matériel et Méthodes et je trouve que c’est aussi bien d’avoir pensé à mettre ça, ça fait un peu le making of.

Eric Dragesco : Voilà, tout à fait. Moi, j’aime bien aussi la vidéo, je fais des films animaliers. Et justement même les films de la BBC, maintenant tous les films sont accompagnés d’un making of où on voit le bonhomme sur le terrain, les difficultés qu’il rencontre sur le terrain et je trouve ça très intéressant.

Régis Moscardini : Oui, et puis ça reflète vraiment, comme tu dis, les difficultés, ça humanise un peu le travail du photographe ou du cinéaste.

Eric Dragesco : Oui, parce que le commun des mortels il ne se rend pas compte des difficultés, il pense qu’on arrive là, il y a la marmotte, et crac on prend la photo. Ça ne se passe pas comme ça.

Régis Moscardini : Pas du tout. Alors on est tous en tant que photographe, quel que soit le niveau d’ailleurs que l’on a, confronté un jour à la sélection de photos pour faire un tirage papier, pour faire un livre photos même personnel. Pour toi, quel était ton fil conducteur pour sélectionner justement tes photos à placer dans ton livre ?

Eric Dragesco : Alors moi j’ai pensé ne pas refaire par espèce, je l’avais déjà faite cette présentation. J’ai pensé comme on le fait très couramment, comme l’a fait mon ami Claude Morerod dans son dernier bouquin chez Glénat, par le déroulement des saisons. Donc printemps, été, automne, hiver. Et puis après je me suis fait, par espèce j’ai regardé un peu le nombre de photos que je voulais mettre.

Bien sûr, il y a des espèces phares comme le chamois ou le bouquetin, il y en a beaucoup plus. Et puis j’ai dispatché ça, j’ai assez cogité. C’est vrai que c’est parfois difficile, c’est difficile de choisir mais bon on essaie de mettre des photos avec l’animal dans son biotope, des photos aussi de comportement, de mouvement, des portraits. On essaie de varier.

Régis Moscardini : D’accord. C’est vrai que maintenant on peut facilement avec toutes les solutions Internet qu’on a à disposition, on peut facilement faire son livre photos. Donc un conseil qu’on pourrait donner à ceux qui veulent le faire, c’est d’avoir un fil conducteur. Toi ça a été la succession des saisons et après à l’intérieur même de ces saisons, dispatcher selon la matière que tu avais.

Eric Dragesco : Oui, ça dépend de la matière qu’on a, oui. Il y a certaines espèces que j’avais bien réalisées dans mon premier bouquin et que j’ai eu plus de peine à refaire. Je n’ai pas eu de chance avec les bartavelles et les linottes, j’en ai mis qu’une photo de chaque. Peut-être que ça reviendra. Mais quand on essaie de mettre beaucoup d’espèces, c’est difficile. J’ai quand même voulu garder un certain niveau de qualité pour toutes les photos. Je ne voulais pas mettre des photos deuxième choix.

Régis Moscardini : Evidemment. Et ça c’est réussi. Alors quand tu dois mettre une photo, tu te dis tiens, il me manque une photo, de cabri, de chamois par exemple, il m’en manque une, il faut que je fasse une séance sur le terrain pour l’avoir ou ça se passe vraiment différemment ?

Eric Dragesco : Oui, l’année passée justement, comme je me suis dit il faut vraiment que je sorte un bouquin, j’ai suffisamment de matière parce que je faisais des digiramas sonorisés, j’en ai fait pas mal. Et les spectateurs à la fin du digirama venaient me voir et me disaient, vous avez sorti un bouquin, quand est-ce que vous allez sortir un bouquin. Ça fait déjà plusieurs années qu’on me dit mais quand vous allez sortir un nouveau bouquin. Donc là je me suis dit il faut que je prenne le taureau par les cornes. Et donc l’année passée, j’avais tout un programme de printemps et ça a été une véritable catastrophe, l’année passée on a eu 3 semaines de brouillard en mai, il a plu quasiment tout le mois de juin, c’était une catastrophe, ce qui fait que je n’ai pas du tout fait certaines espèces que je voulais faire.

Régis Moscardini : Et forcément ça influence la disposition et le choix des photos dans votre livre ?

Eric Dragesco : Oui. Je voulais refaire de la chevêchette, je n’ai mis qu’une seule image parce que voilà.

Régis Moscardini : D’accord. Alors ton livre comporte plus de 200 pages donc tu as dit 200 images ?

Eric Dragesco : Oui, il y a 200 photos.

Régis Moscardini : D’accord.

Eric Dragesco : Une cinquantaine par saison, je crois qu’il y en a un peu plus au printemps et en hiver.

Régis Moscardini : Alors une question très terre à terre, pour avoir 200 photos de très haute qualité comme tu as là, combien il faut avoir de photos dans sa photothèque pour arriver à cette sélection très serrée ?

Eric Dragesco : Pas tellement parce que moi j’adore jeter, donc je jette beaucoup. Je garde que ce qui est vraiment bon. Des fois ça m’amuse parce qu’il y a des photographes qui me disent oui, j’ai fait 2.000 photos et j’ai l’impression qu’ils les gardent toutes. Moi si je fais l’hermine en course par exemple, j’ai fait 200 images en 20 minutes, j’en ai gardé 10, j’en ai jeté 190 à la poubelle. Je garde les meilleures.

Régis Moscardini : C’est ça page 14 : en 20 minutes, j’ai ainsi pris plus de 700 images pour n’en avoir qu’une dizaine de bonne qualité.

Eric Dragesco : Oui, c’était en rafale. Mais si tu veux, d’abord elle était trop loin, après elle était un peu plus près, donc déjà là il y en a 300 qui vont à la poubelle. Après, je n’avais pas la bonne vitesse, ce n’était pas bon, il y en a encore 200 qui vont à la poubelle. Et finalement j’en ai gardé une dizaine.

Régis Moscardini : Une dizaine et une voire deux pour la double page de ton livre, donc sur 700 photos, il t’en reste 2 ?

Eric Dragesco : C’est normal. Quand tu fais du mouvement, c’est difficile.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Eric Dragesco : Alors il y avait une autre chose que je ne savais pas, j’ai le Nikon D4, et l’année passée je voulais faire du Tichodrome en vol et bien sûr j’ai mis mon boitier D4 à 11 vues / seconde et en autofocus. Et en rentrant chez moi, je me suis rendu compte que tout était flou, pas net, pas vraiment net. Et j’ai appris après que le Nikon D4 ne fait de l’autofocus que jusqu’à 18 secondes. Le D4S maintenant il est en autofocus jusqu’à 11 vues. Donc moi j’ai fait l’erreur de mettre 11 vues, l’autofocus ne suivait pas.

Régis Moscardini : Donc l’intérêt de lire un petit peu le mode d’emploi avant d’utiliser

Eric Dragesco : Mais ce n’était pas, je ne sais même pas si c’est vraiment indiqué dans le mode d’emploi.

Régis Moscardini : Donc un truc à savoir que tu n’avais pas su.

Eric Dragesco : J’ai un autre ami, Gérard Schmitt, qui fait des photos fantastiques de rapaces en vol, c’est lui qui m’a mis au courant de cette histoire, qui m’a dit je viens de voir le responsable technique de Nikon France et à 11 vues l’autofocus ne fonctionne pas.

Régis Moscardini : Donc c’est à savoir pour ceux qui ont un D4.

Eric Dragesco : Le D4S il fonctionne, mais moi je ne vais pas me racheter un D4S mais si je refais des rafales je vais mettre mon D4 à 10 vues, ce qui est déjà pas mal.

Régis Moscardini : En plus de faire beaucoup de photos, justement pour faire beaucoup de photos, il faut aussi passer beaucoup de temps sur le terrain, d’ailleurs tu le dis dans ton introduction, je conseille vraiment, à la limite il faudrait acheter le livre pas que pour ça évidemment mais ce serait une très bonne excuse pour acheter le livre que de lire ton introduction, tu parles de la passion qui te dévore de la photo animalière.

Eric Dragesco : Oui.

Régis Moscardini : Tu passes beaucoup de temps sur le terrain et ce n’est pas compliqué pour toi finalement ?

Eric Dragesco : J’ai des amis, par exemple Fabrice Cahez, lui il voyage très peu, il reste toujours dans son coin et c’est comme ça qu’il a des résultats extraordinaires, surtout avec les chats sauvages il a des choses extraordinaires. Moi j’ai beaucoup voyagé, donc j’aurais voulu faire plus de journées sur le terrain. Mais avec tous les voyages que j’ai dû faire, montage de films, etc. j’ai passé moins de temps que si je n’avais fait que de la faune alpine. C’est sûr que si depuis 10 ans je n’avais fait que de la faune alpine, j’aurais un résultat bien supérieur.

Maintenant je me suis donné comme objectif pour les années à venir, parce que maintenant je veux refaire tout ce qu’il y a dans le bouquin en film, et je me suis donné comme objectif de passer 100 jours sur le terrain par an, ce qui n’est pas énorme parce que moi je connais des gars passionnés qui passent tous les week-ends dans la nature.

Régis Moscardini : C’est quand même un peu moins d’un jour sur 3, ce qui est quand même pas mal.

Eric Dragesco : C’est quand même pas mal, mais je te dis ça parce que moi j’ai regardé mes carnets et ces dernières années j’arrive à 50 seulement. Ce qui n’est pas beaucoup.

Régis Moscardini : Pas beaucoup pour un photographe.

Eric Dragesco : Ce bouquin c’est peut-être 50 jours sur 15 ans, disons que c’est à peu près 700 jours sur le terrain.

Régis Moscardini : C’est intéressant à savoir aussi.

Eric Dragesco : Du reste c’est à peu près 5.000 heures de boulot.

Régis Moscardini : D’accord. C’est intéressant à savoir pour quantifier un petit peu.

Eric Dragesco : Quand on a l’expérience de 20 à 25 ans sur le terrain, on a des très beaux coins et surtout on connait les meilleures périodes. C’est-à-dire que je vais aller, pour beaucoup d’espèces il y a 3-4 jours par an où c’est vraiment le top, et je vais dans le meilleur coin au meilleur moment. Ce qui fait que j’ai une rentabilité photo bien supérieure que le débutant qui ne va pas savoir où aller pour telles bêtes, qui va peut-être aller dans des endroits moins bons que d’autres, qui va aller trop tard ou trop tôt.

C’est sûr qu’au début on passe énormément de temps à faire du repérage. D’ailleurs même moi, en ce moment, j’ai beaucoup d’endroits qui ne sont plus comme avant et je recherche de nouveaux endroits, mais je passe énormément de temps à faire du repérage.

Régis Moscardini : Bien sûr. Alors quelles sont les particularités de la photographie animalière en montagne, à quoi doit-on faire attention quand on est dans ce milieu ?

Eric Dragesco : Bon, c’est déjà la montagne, donc il y a déjà les difficultés de la photo animalière en soi mais aussi les marches d’approche en montagne, il faut faire bien sûr très attention en hiver aux avalanches, aux chutes de pierres , il y a la météo qui est très changeante, il faut toujours être bien équipé, je dirais qu’il faut être montagnard.

Régis Moscardini : Il faut d’abord être randonneur, montagnard ?

Eric Dragesco : Oui. Tous mes collègues qui font des bonnes photos en montagne, c’est tous des montagnards.

Régis Moscardini : Bien sûr. Donc il faut être randonneur, montagnard, naturaliste et après on finit par les photos.

Eric Dragesco : Et ne pas avoir froid, ne pas avoir peur du vent et du froid, un bon équipement surtout. De bonne chaussures, de bons duvets, de bons, tout ce qu’il faut pour se tenir chaud.

Régis Moscardini : D’accord. Et on va sortir si tu le veux bien un peu du monde de la photo et entrer dans celui de la vidéo animalière. Tu l’as dit, tu as réalisé de nombreux documentaires, notamment pour TF1 ou France5 et d’autres chaines aussi. Ma première question est la suivante : est-ce qu’un bon photographe ou un très bon photographe comme toi est automatiquement un bon vidéaste ?

Eric Dragesco : Non.

Régis Moscardini : Pourquoi ?

Eric Dragesco : C’est tout à fait différent. C’est une autre façon de travailler. Il faut pratiquer, pratiquer. La photo, je dirais que c’est plus facile, parce que maintenant les boitiers sont automatisés, on mitraille souvent et dans le lot on a forcément une image. Par exemple tu vas avoir un chamois qui court, tu prends ton boitier autofocus 18 secondes, tu déclenches, tu déclenches, tout d’un coup même des fois par chance, paf, tu as une super image.

Et puis tu vas l’avoir cette image. En vidéo, c’est autre chose, en vidéo tu dois suivre tout ton plan, tout ton plan doit être bon. Si tu as un plan séquence de 12 ou 15 secondes, tout doit être bon. Si tu as un coup de diaph au milieu, tu fais ta mise au point le plus souvent manuellement, si tu as un coup de flou ou si tu as une vibration au milieu, ton plan, il est foutu, il est poubelle. Donc moi je trouve que c’est plus dur.

Régis Moscardini : C’est plus exigeant ?

Eric Dragesco : Souvent les photographes qui n’ont pas fait de vidéo, ils te disent oui, mais en vidéo comme on a des petits capteurs, un 200 millimètres ça fait 1 mètre ou 1,50 mètre de focale, donc on peut être beaucoup plus loin. Non, parce qu’on a de plus longues focales, mais c’est comme en photo, c’est-à-dire qu’un 1.000 ou un 1.500, la moindre vibration, on peut encore utiliser un 1.500 à main levée si on a un anti-vibrateur et qu’on travaille au millième de seconde, on peut encore faire des photos, mais la vidéo dès qu’il y a le moindre tremblement, du vent par exemple, on ne peut pas travailler c’est impossible. Et puis il y a un autre phénomène, c’est la turbulence. Donc les longues focales ce n’est pas la panacée. Si tu as du vent ou de la turbulence, tu ne peux rien faire.

Régis Moscardini : La turbulence liée à la chaleur par exemple, c’est ça ?

Eric Dragesco : Oui, bien sûr. Si tu mets un 200 sur un Canon xl h1, ça te fait 1.500 de focale mais 1.500 de focale, moi j’ai été en Mongolie, mes plans de panthère des neiges, 90% c’est poubelle.

Régis Moscardini : A cause des turbulences ?

Eric Dragesco : A cause des turbulences et surtout le vent. Le moindre souffle de vent. Pour répondre à ta précédente question, c’est aussi qu’en montagne souvent on est seul, on doit tout porter donc on choisit l’équipement le plus léger. Ce qui fait que moi je n’ai pas le gros trépied avec la grosse rotule super, j’ai la plus petite rotule, la plus légère en photo, j’ai le pied le plus léger possible. Et en vidéo pareil. Donc on n’a pas des gros pieds de 15 kilos, moi mon pied vidéo il fait 4 kilos.

Régis Moscardini : Ce n’est pas des pieds de studio.

Eric Dragesco : Ce qui fait que dès que tu as un souffle de vent, ça tremblote.

Régis Moscardini : D’accord. Donc il ne suffit pas simplement de changer le commutateur photo en vidéo pour faire une bonne vidéo ?

Eric Dragesco : Après il y a un autre phénomène, c’est qu’en vidéo il faut qu’il y ait quelque chose, il faut que ça bouge. On peut mettre des plans fixes, on peut mettre des plans où il ne se passe pas grand-chose mais on voit vite que pour monter un film, il faut que ça bouge, il faut qu’il y ait du comportement.

Régis Moscardini : On est loin de la photo mais justement pour faire un documentaire de 52 minutes, le format traditionnel qu’on voit à la télé, combien de temps de rush faut-il en vidéo pour arriver à 52 minutes ?

Eric Dragesco : En général, au minimum, 20-30 fois.

Régis Moscardini : On multiplie les 52 minutes par 20 fois ?

Eric Dragesco : Oui, une trentaine d’heures en tout cas. Ça dépend aussi. Avant avec des cassettes, on essayait d’économiser, on déclenchait vraiment quand c’était bien. Maintenant j’ai deux caméras, une à haute vitesse, 200 images / seconde, et une autre qui a un capteur plus petit où je peux utiliser des optiques qui grossissent plus, et ces deux caméras elles enregistrent sur des cartes-mémoire, et ces cartes-mémoire tu les vides. Donc tu n’as plus le coût de la cassette qui était souvent assez chère à acheter. Donc tu peux filmer comme tu veux, autant que tu veux.

Après vient le moment où tu rentres à la maison, où tu vas sélectionner, tu peux même déjà couper tes plans et tu jettes tout le reste. Ce que je fais en ce moment, dès que je rentre, je visionne mes clips et puis je les coupe. Tout le début où il ne se passe rien, je le coupe, et toute la fin ou qui bouge ou qui est flou, je coupe. Je garde 10 secondes des fois sur un plan de 3 minutes. Ce qui fait que je vais sur mon ordinateur garder que les clips qui sont exploitables. Alors qu’avant on avait des cassettes, j’avais une heure de cassette et j’avais peut-être 3 minutes d’exploitable dedans.

Régis Moscardini : Tu ne filmes pas avec ton reflex ?

Eric Dragesco : Non. J’ai le D4, le D800, mais je trouve que ça reste des appareils photos. Quand on a touché à des vraies caméras, ce n’est pas du tout la même chose, surtout la visée. Une caméra tu as l’œilleton, tu as la visée, tu es vraiment dans ton image. Pour la mise au point, il y a le système de picking où tu vois un coloré rouge, c’est-à-dire que dès que tu es net, tous les pourtours de ton sujet deviennent rouges, tu sais exactement quand tu es net et c’est beaucoup plus ergonomique. Quelqu’un qui a utilisé un reflex et qui a utilisé aussi une caméra, il voit bien que l’ergonomie n’est pas comparable.

Régis Moscardini : Je comprends.

Eric Dragesco : Ce n’est pas du tout comparable mais on peut quand même faire de très bonnes choses.

Régis Moscardini : Justement un certain nombre de tes photos montre des scènes, dans ton livre en tout cas, de prédation avec des proies dévorées par les prédateurs.

Eric Dragesco : Oui.

Régis Moscardini : Je pense notamment à une photo du livre, page 71, où on voit un aigle, un aigle royal, tenir dans ses serres une carcasse de jeune chamois, on distingue bien la tête du chamois qui est dévoré. Ce n’est pas trop dur à observer, à photographier, ça ?

Eric Dragesco : Dans les Alpes, ça va encore parce que ce n’est pas trop terrible mais c’est surtout en Afrique que c’est horrible. En Afrique si on regarde les films du couple Joubert qui a travaillé au Bostwana pour National Geographic, là c’est terrible, il y a des plans qu’on ne peut pas montrer, on ne peut pas montrer ça à des enfants de moins de 12 ans, c’est trop terrible. Il y a des animaux qui se font dévorer vivants, c’est horrible.

Régis Moscardini : On a beau se dire que c’est la nature, que c’est la loi de la nature, c’est être mangé ou manger ?

Eric Dragesco : C’est ça la nature, c’est le crime permanent.

Régis Moscardini : C’est le crime permanent, c’est la survie en permanence ?

Eric Dragesco : Oui, et même, les araignées la femelle elle bouffe son mari. C’est vrai que quand l’aigle est arrivé avec le demi-chamois, hou, tout était sanguinolent. Après j’ai filmé justement le bébé, l’aiglon, il a commencé à manger les yeux, il bouffait les yeux, ça je ne sais pas si je vais le mettre dans mon film, c’est assez gore comme on dit.

Régis Moscardini : Alors tu as fait de très nombreux voyages, tu l’as dit, il n’y a pas très longtemps dans des zones particulièrement exotiques, en Mongolie, Asie Centrale, Afrique. Pourquoi tu as souhaité couvrir ces régions-là ?

Eric Dragesco : L’Asie Centrale et la Mongolie, c’est parce que j’adore la montagne et puis c’est là où j’allais trouver la faune extraordinaire qui me hantait depuis mon plus jeune âge. Pour quelqu’un qui est montagnard et qui adore les animaux, le graal c’est la panthère des neiges bien évidemment, donc mon but ultime c’était la panthère des neiges, j’ai réussi à faire ce que je voulais et je suis heureux. Je peux presque arrêter ma carrière, j’ai réussi le summum.

Régis Moscardini : Alors ? Souvent quand on a un rêve en tête et que comme ça on arrive à le réaliser, on peut parfois être déçu, se dire ah finalement, ce n’était pas si bien. Est-ce que toi tu as ce sentiment-là ou non, c’était vraiment formidable ?

Eric Dragesco : Non, c’était génial. Il faut regarder mon film et mon making of, et comme ça on comprend.

Régis Moscardini : On comprend, d’accord.

Eric Dragesco : Oui, mais maintenant j’ai un autre film à monter parce que j’ai été au Tadjikistan et j’ai filmé le markhor, c’est un cousin du bouquetin, et l’ours de l’Himalaya, qui est un ours qui est hyper montagnard et un véritable alpiniste. Et là j’ai des bons plans aussi.

Régis Moscardini : Alors quand tu reviens après dans les Alpes, est-ce que tu n’es pas lassé, est-ce que tu ne te dis pas, finalement chez nous c’est un peu pauvre par rapport à ce que je viens de vivre ailleurs ?

Eric Dragesco : C’est un peu vrai, c’est vrai que dans certaines zones où j’étais au Tadjikistan, il y a plus de faune que chez nous et puis on sait qu’on est dans des zones où il y a de la panthère des neiges, du loup, de l’ours en pagaille, alors qu’ici je me dis ah j’aurais bien aimé connaitre les Alpes au 16e ou au 17e siècle quand il y avait encore des ours, des loups en pagaille, voilà.

Régis Moscardini : A l’échelle des temps géologiques, c’est hier, ce n’est vraiment pas vieux du tout.

Eric Dragesco : Oui. Et puis de voir comme les gallinacées disparaissent, ça me fait tout drôle.

Régis Moscardini : Même toi ?

Eric Dragesco : En 30-40 ans.

Régis Moscardini : Tu as vu ça ?

Eric Dragesco : Moi, je suis dans les Alpes vaudoises, donc le grand tétras a disparu en 1986, j’ai des dizaines de coins où il y avait de la gélinotte, il n’y en a plus, le lagopède, j’avais des coins où on en voyait régulièrement 20-25 au moment des rassemblements d’automne, maintenant si on en voit 2 on est content, et j’ai une place de champs où j’avais 11 coqs et il en reste 2. Si ça continue bientôt, j’ai une autre place où j’ai été hier où il y avait toujours au moins 2 coqs, zéro, plus rien.

Régis Moscardini : Est-ce que c’est vraiment la pression humaine qui fait ça ? C’est l’extension démographique ?

Eric Dragesco : On ne sait pas. On ne sait pas parce que le lagopède, personne ne l’explique, d’ailleurs j’ai vu dernièrement un professeur de biologie, je lui ai dit tes élèves, donne-leur comme sujet de thèse l’explication de la baisse du lagopède dans des biotopes qui n’ont pas changé, où il n’y a aucune pression humaine, où il n’y a pas de chasse et où il n’y a pas plus de prédateurs. Comment on peut expliquer ça ? Est-ce que c’est une pollution insidieuse ? On ne sait pas.

Ce qui déjà m’a fait peur, c’est qu’il y a une quinzaine d’années, j’étais allé aux Grisons et ils avaient ouvert la chasse aux bouquetins, un animal qui vit autour des 3.000 mètres. Et puis j’avais lu un encart dans un journal où ils disaient, nous conseillons aux chasseurs de ne pas manger le foie des bouquetins parce qu’il est complètement contaminé. A 3.000 mètres. Donc si ça se trouve la nourriture du lagopède contient des substances qui diminuent la fertilité ou je ne sais pas quoi.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Eric Dragesco : Autant le grand tétras on comprend parce qu’il y a une pression humaine sur les biotopes mais un lagopède qui vit à 2.500 mètres dans un paysage qui n’a pas bougé, dans un district intégral où il n’y a pas de chasse, je ne comprends pas. Il n’y a pas plus de renards, moi j’y vais depuis 1970, donc ça fait depuis 44 ans que j’y vais, il n’y a pas plus de renards, il n’y a pas plus d’aigles.

Régis Moscardini : Quelle est ton actualité, Eric, dans les semaines qui viennent ? Est-ce qu’on pourra te voir quelque part, par exemple pour se faire dédicacer ton livre ?

Eric Dragesco : Alors, là je viens de faire deux dédicaces au Salon du livre de Genève, parce qu’il vient de sortir, il est sorti début mai, j’en ai fait une hier au Salon du livre dans la vallée du Joux, je ne pourrai pas malheureusement être à Arolla, le salon du livre d’Arolla mais après il y a le Salon de Passy en France, je ne sais plus quelle est la date exacte mais surtout ce sera à Montier-en-der, à Montier-en-der je ferai une expo avec une vingtaine d’images, j’aurai deux écrans avec des films, des films sur les Alpes qui vont passer, j’ai des anciens bouts en 4/3 qui ne sont pas de la HD, je les ai montés et puis il y aura le bouquin évidemment à vendre.

Régis Moscardini : Très bien, ce n’est pas dans les semaines qui viennent, ce sera au mois de novembre, je crois que c’est la 3e semaine de novembre pour Montier-en-der, mais ce sera l’occasion de te voir toi, de voir ton livre, tes livres et donc je conseille vivement nos auditeurs à découvrir ton livre et à l’acheter parce que c’est vraiment un super ouvrage.

Eric Dragesco : Merci.

Régis Moscardini : Je te remercie beaucoup, Eric, c’était vraiment sympa.

Eric Dragesco : A la prochaine et bonnes rencontres dans la nature.

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