6 étapes pour photographier le chat sauvage d’Europe

chat sauvage

Le chat sauvage d’Europe, ou chat forestier, est un animal emblématique de la photo animalière. Ses attitudes félines le rendent très différent d’un renard auquel il est pourtant souvent associé. Le chat forestier est précieux, il n’aime pas se salir, il n’aime pas se mouiller, sa chasse est lente et patiente. Tout l’inverse de maître renard (vous pouvez lire cet article que j’ai écrit : photographier le renard).

IMPORTANT – cet article a été rédigé par Fabien GrébanPhotographe animalier professionnel, c’est lui qui s’exprime dans cet article.

1/ Connaître le sujet

[Note de Régis : dans cet article, les termes de chat sauvage et de chat forestier seront utilisés indifféremment, tout en sachant que pour être rigoureux, il faudrait écrire Chat Sauvage d’Europe plutôt que Chat Sauvage tout court … le chat sauvage d’Europe étant une sous-espèce du Chat Sauvage]

Comme toujours, pour photographier un sujet sauvage, il faut commencer par se renseigner sur ses mœurs. Le chat sauvage est bien mystérieux, mais voici quelques éléments issus de mon expérience :

  • La vie sociale du chat forestier est méconnue. Il passe une grande partie de sa vie en forêt comme son nom l’indique, là où il est exceptionnel de l’observer tant il y est discret.
  • Le chat forestier chasse principalement les micro-rongeurs. Quand ceux ci sont suffisamment nombreux en forêt, ce ne sera pas une bonne année pour le photographier car il restera a l’abri des arbres. Par contre, quand il peine à se nourrir dans les bois, il chasse en prairie, à la recherche du campagnol terrestre. Ce sera alors l’occasion d’essayer de le photographier.
  • Le chat sauvage est difficile à leurrer. Toujours calme, il se déplace lentement. Ainsi, rien ne lui échappe. Avec ses sens développés, il fuira au moindre doute. Très craintif, il peut scruter la prairie de longs moments avant de s’y aventurer. Pour cela, il grimpe souvent aux arbres en lisière de bois.

Pour aller plus loin dans l’étude du comportement du chat sauvage d’Europe, la page Wikipédia est bien faite. Voici aussi un dossier PDF très complet, quoique pas très récent, sur la répartition du chat forestier.

2/ Pourquoi photographier le chat forestier

Ne choisissez pas de photographier felis silvestris silvestris si vous voulez réaliser des images pour plaire au grand public. En effet, pour celui-ci ce sera presque un simple chat de gouttière …

Par contre, pour les naturalistes, le chat forestier est presque un graal, certes moins prestigieux que le lynx ou le loup mais il est tout de même très recherché.

Comme tous les prédateurs, le regard du chat forestier est très expressif. Croiser son regard vert vous envoutera sans aucun doute. Je peux vous assurer que lorsque vous apercevrez le chat s’approcher de vous, vous aurez le plein d’émotions, sentant votre cœur battre fort dans votre poitrine.

Le chat étant un chasseur, son regard porte au loin, ce qui le rend expressif. Il est alors plus facile de photographier une belle attitude, contrairement à un herbivore, le nez dans l’herbe à brouter.

3/ Où photographier le chat forestier

Le chat sauvage n’est pas présent sur tout le territoire français. Il est concentré dans un large quart nord-est, mais son aire de répartition tendrait à augmenter.

Comme son nom l’indique, le chat forestier vit en forêt … Mais il sera très difficile de l’y observer. Pour le photographier, il faut attendre qu’il quitte le couvert des arbres pour aller chasser dans les prairies.

Il faut donc le chercher dans les prairies situées à proximité des forêts, même si je l’ai déjà observé à quelques occasion à plusieurs kilomètres de la forêt la plus proche (dans un milieu de bocage, avec de nombreuses haies).

Si le chat sauvage quitte la forêt, c’est pour chasser. Il faut donc concentrer ses recherches sur les prairies à forte densité de campagnol, notamment du campagnol terrestre (le plus gros) qui est facilement repérable grâce aux taupinières qu’il construit.

4/ Quand photographier le chat sauvage

Quand dans la journée

Le chat forestier est difficile à cerner. Il chassera à heure régulière dans la même prairie pendant quelques jours avant de disparaître pendant plusieurs semaines. La difficulté à l’observer et par conséquent à le photographier contribue sans doute à le rendre mystérieux, et ainsi encore plus attirant.

Actif le jour, mais aussi sans aucun doute la nuit, j’ai plusieurs fois « piégé » en photo le mystérieux félin en plein milieu de la nuit.

Je l’observe chasser en milieu de journée, et le lendemain, quand je viens me poster à l’affût au lever du jour le chat est déjà là. Alors que d’autres fois, il sort de la forêt entre 17h et 17h30 pendant plusieurs jours d’affilés.

Vous l’aurez compris, le chat forestier ne se laisse pas photographier facilement. Sa chasse photo est donc « réservée » aux photographes les plus motivés.

Une chose est sure, le chat n’aime pas se mouiller, il sera donc moins actif les matins avec une forte rosée. Mais il y a toujours le contre-exemple …

Quand dans l’année

On peut rencontrer le chat forestier toute l’année, mais il semble plus actif de jour à certaines occasions :

  • comme pour le renard, les vagues de froid sont favorables à l’observation du chat. Mais celui-ci souffre beaucoup de l’enneigement. C’est d’ailleurs pour cela que le chat sauvage n’est pas présent au dessus de 1000m d’altitude environ. Un hiver trop rigoureux entraînera une forte mortalité chez le félin (comme en 2012), il faut donc absolument veiller à ne pas le déranger à cette période.
  • en été, la fenaison est aussi favorable pour le chat que pour le renard. C’est une période très propice pour le rencontrer. Mais durant tout l’été, vous pourrez l’observer chasser dans les prairies où l’herbe n’est pas trop haute.

5/ Comment photographier le chat forestier

Le chat forestier est très craintif, c’est pourquoi je préfère le photographier à l’affût, où les risques de dérangement sont les plus faibles.

Mais le caractère imprévisible du chat impose un repérage précis avant de commencer l’affût. Il faut aussi être réactif, n’attendez pas 15 jours avant de commencer les séances d’affût quand vous avez repéré le félin.

Le chat peut veiller en haut d’un arbre avant de descendre dans la prairie. Il faut donc soigner sa venue sur le poste d’affût. De même, une fois la séance terminée, il faut partir discrètement.

Si je souhaite me poster à l’affût le matin, je préfère arriver avec une luminosité suffisante me permettant de vérifier que le chat n’est pas déjà là. 30 à 45 min avant le lever du soleil seront généralement parfaites. Si le chat est actif l’après-midi, je prévois généralement une installation 2h avant son arrivée prévue …

Cependant, quand les conditions sont favorables, il m’arrive de tenter l’approche sur le chat. Pour cela, il faut pouvoir se déplacer silencieusement (pas de feuille morte craquante au sol, ni de neige gelée) et dans un secteur où le terrain permet d’avancer masqué.

Bien évidemment, comme pour tous les mammifères (ou presque), il est indispensable de se placer à bon vent. Si le chat sent votre odeur, l’espoir de réaliser une image partira en fumée, et vous l’aurez dérangé pour rien …

Que ce soit pour l’affût ou l’approche, il faudra porter une tenue adéquate (camouflage), sans oublier les gants et la cagoule bien sur.

Pour cette photo de chat sauvage dans la neige, j’ai eu la chance de l’apercevoir avant de me faire repérer alors que j’étais en chemin pour l’affût. Les clés de la réussite de cette image :

  • Une neige silencieuse,
  • un vent bien orienté,
  • une tenue blanche,
  • une marche lente et attentive.

Dès que je l’ai aperçu, je me suis couché sur le sol, le hasard faisant que le chat continue de venir dans ma direction.

Pour les exifs de cette image :

  • Nikon D800,
  • Nikon 500mm F4 AFS VR,
  • f/8,
  • 1/1250s,
  • 400 iso,
  • +2/3 Il,
  • AFS.

J’ai choisi de fermer à f/8, car sur la neige, la réverbération et l’évaporation peuvent diminuer le piqué. De plus la blancheur uniforme du fond ne demande pas d’être floutée par une grande ouverture. Comme toujours par temps gris sur un sol enneigé, il faut surexposer pour rendre la neige bien blanche, ici+2/3 Il.

Enfin, j’ai choisi un mode d’autofocus statique (AFS / one shot) avec le collimateur central (je décentre ensuite avant de déclencher) pour éviter les soucis de mise au point souvent engendrés par la neige.

6/ Étudier les travaux d’autres photographes

Je vous recommande le superbe livre de Fabrice Cahez « Le chat sauvage, les yeux dans les yeux », aux éditions Art&Nature (2010).

[Note de Régis : je recommande aussi chaudement. Vous pouvez aussi retrouver Fabrice Cahez dans mon interview]

Joel Brunet est également reconnu pour ses superbes images de chat forestier.

7/ Rencontrez le chat forestier

Si vous souhaitez rencontrer le chat forestier, je propose des stages de photographie animalière dans le massif du Jura. Mais il faut préciser que les chances de succès ne sont pas aussi élevées que pour d’autres espèces.

Plus d’infos sur mon site web : www.faune-jura.com

Comment photographier les pics : les meilleurs conseils

Je vous propose aujourd’hui de vous apprendre à photographier les pics : pic noir, pic vert, pic épeiche …. Ces oiseaux sont assez communs et peuvent être rencontrés à peu près partout en France.

IMPORTANT – cet article a été rédigé par Fabien GrébanPhotographe animalier professionnel, c’est lui qui s’exprime dans cet article.

Pour photographier les pics, deux principales techniques sont généralement utilisées :

  • soit le nourrissage en hiver, notamment pour le pic épeiche, que l’on pourra attirer avec quelques noisettes,
  • soit la photo à la loge, pendant l’élevage des jeunes. C’est cette dernière technique que j’utilise et dont je vais vous parler ici. Mais avant tout il faut attirer votre attention sur le fait que ces oiseaux peuvent être sensibles au dérangement, et qu’il faut prendre les précautions nécessaires pour ne pas leur nuire.photographier les pics

I/ Quel matériel utiliser pour photographier les pics

Le premier accessoire indispensable est une tente affût. Inutile d’espérer passer inaperçu avec un simple filet de camouflage, les pics et les oiseaux en général ont une très bonne vue … Il existe de nombreux modèles de tente. Personnellement j’utilise un affût TRAGOPAN : robuste, bien conçu et à un prix abordable. [Note de Régis : la version 4 de leur tente est sortie récemment. Je l’ai testée ici]

Comme toujours, vous aurez besoin d’une longue focale : 300mm sur un capteur APSC me semble le minimum pour prendre de belles images sans risquer de déranger les oiseaux. Il est possible d’utiliser des focales plus courtes, mais uniquement pour réaliser des photos d’ambiance, sinon vous serez trop proche de la loge et le risque de dérangement sera alors trop élevé.

Enfin, vous devrez obligatoirement utiliser un trépied pour photographier les pics. En effet, sans celui-ci, votre objectif, qui sort de la tente affût, sera facilement repérable car toujours en mouvement. Avec un trépied, vous pourrez viser vers la loge et attendre immobile la venue des oiseaux.

II/ Comment trouver une loge

Une loge, c’est quoi ? Une loge, c’est une cavité creusée dans un arbre. C’est dans cette cavité que les pics élèveront leur jeunes. La taille de la loge est bien sur en relation avec la taille de l’oiseau, donc assez petite pour le pic épeiche et beaucoup plus grande pour le pic noir.

La loge du pic noir est de forme ovale (15 cm de haut), alors que la loge du pic épeiche est plus petite et de forme ronde.

  • Le pic noir est un oiseau puissant qui creusera sa loge dans des arbres vivants, le plus souvent dans un hêtre, à une hauteur de l’ordre de 6 à 10 mètres de haut.
  • Le pic épeiche est moins puissant que le pic noir, il préférera creuser sa loge dans des arbres morts.
  • Enfin le pic vert, de taille comprise entre le pic noir et le pic épeiche, creusera sa loge aussi bien dans un arbre vivant que dans un arbre mort.

La loge de pic épeiche peut être à une hauteur très variable. J’ai vu des loges à 15 mètres de haut, et d’autres à moins de 2 mètres.

photographier les pics

 

Pour trouver une loge de pic, il faut d’abord localiser un secteur habité par des pics. En mars, ils se font largement entendre, soit par leur chant, soit par le célèbre tambourinement du pic épeiche. Pour vous familiariser avec les différents chants des pics, je vous conseille le site web oiseaux.net

En avril, les pics creusent leur loge. Ils peuvent réutiliser une ancienne loge, mais le plus souvent, ils en creusent une nouvelle. Mais bonne nouvelle, la nouvelle loge est bien souvent dans le même arbre que l’ancienne. Ainsi, en avril, vous pourrez faire le tour des arbres à loge que vous connaissez, pour chercher des copeaux au pied de l’arbre, signe de l’activité des pics. Les copeaux sont bien sur de tailles différentes selon l’oiseau. Les copeaux de pic épeiche sont très petits (de l’ordre du millimètre), alors que les copeaux du pic noir seront de plusieurs centimètres.

Attention, les pics peuvent aussi tenter de nous leurrer …. Plus sérieusement, les pics peuvent creuser plusieurs loges et la femelle fera son choix juste avant la ponte. Attention donc à ne pas installer votre affût devant la mauvaise loge, même si vous avez trouver des copeaux au pied de l’arbre. Je vous conseille donc de commencer par un affût lointain, pour vous assurer de la présence des oiseaux.

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En mai, il faut ouvrir les oreilles. Les jeunes pics dans la loge seront de plus en plus bruyants, réclamant sans cesse un repas à leurs parents. C’est surtout vrai pour les jeunes pics épeiches, particulièrement bruyants. Alors que les jeunes pics noirs et verts sont plus discrets. Fin mai, à l’approche de l’envol, il est alors facile de trouver une loge de pic épeiche habitée, il suffit de se promener en forêt et d’ouvrir grand ses oreilles. C’est d’ailleurs le mois de mai le plus propice à la réalisation des images, les jeunes pics prenant leur envol en début juin (dans le massif du Jura).

photographier les pics

III/ Comment photographier les pics à la loge

Les loges sont souvent hautes dans les arbres, nous obligeant à réaliser des images en contre-plongée, rarement esthétiques. L’astuce est alors de concentrer ses recherches de loge uniquement dans les secteurs à forte pente. Ainsi, on peut espérer être à la même hauteur qu’une loge perchée à plusieurs mètres de haut pour photographier les pics.

Une fois une loge propice à la photo localisée, il faut placer son affût. Encore une fois, selon les espèces, les précautions seront différentes :

  • Même en pleine forêt, le pic épeiche est un oiseau assez tolérant. Il ne s’agit bien sur pas de se placer à 2 mètres de la loge sans affût … mais vous pourrez placer directement l’affût photo à bonne distance (15-20m) sans précautions particulières. Il suffit alors d’être discret dans l’affût et les oiseaux viendront nourrir leurs jeunes sans aucun problème.
  • Pour le pic noir et le pic vert, c’est une autre histoire … ces oiseaux sont très méfiants et très intolérants vis à vis de l’homme. Je commence d’abord par placer l’affût assez loin de la loge, pour que les oiseaux s’habituent tranquillement à sa présence. Ensuite, je rapproche l’affût jusqu’à bonne distance pour la photo en une, deux ou trois étapes selon la configuration du terrain. Pour ces oiseaux, il est impératif qu’ils ne vous voient jamais entrer ou sortir de l’affût. Et attention, ils peuvent être actifs très tôt le matin, bien avant le lever du soleil.

A noter aussi que les allers et retours des parents sont très fréquents pour le pic épeiche. Toutes les 10 minutes, un adulte viendra nourrir les jeunes. Pour les pics verts et pics noirs, l’attente sera beaucoup plus longue, avec un passage toutes les 2 heures !!! (mais ce qui a l’avantage de vous permettre de rentrer ou sortir de l’affût discrètement).

photographier les pics

Attention également au bruit de déclenchement de votre boitier. Une housse anti-bruit pourra être un plus. Vous pouvez aussi enrouler une veste polaire autour de votre matériel, c’est aussi efficace.

IV/ Faire des images originales ?

Il est toujours difficile d’innover sur des espèces courantes comme les pics, ils ont déjà été si souvent photographiés. Et puis après tout, pourquoi innover ? Le principal est bien de se faire plaisir avant tout. Mais essayons tout de même de faire des images qui sortent de l’ordinaire …

Réaliser un contre-jour

Mais on peut tout de même essayer d’avoir un vrai travail photographique plutôt que de se contenter d’une série naturaliste. Pour cela, pourquoi ne pas travailler sur les contre-jours, par exemple ?

Les loges étant souvent haut perchées, il est généralement facile d’avoir un morceau de ciel lumineux en fond, pour réaliser ce contre-jour. Il faut alors s’appliquer sur la gestion de l’exposition (il faut toujours bien exposer la zone la plus lumineuse de l’image, afin d’éviter les zones cramées).

Mais plus que le réglage de votre boîtier, c’est le positionnement de l’affût qui permettra de réaliser des images en contre-jour réussi.

Jeune pic épeiche dans sa loge, en contre-jour.

Réaliser un clair-obscur

En forêt, par temps ensoleillé, le contraste est souvent très fort. Pourquoi ne pas en profiter pour tenter de réaliser un clair-obscur ? Là encore, il faudra s’appliquer à bien exposer la partie la plus lumineuse de l’image, en utilisant notamment la mesure spot de votre boîtier.

Il n’est cependant pas facile de réaliser la mesure d’exposition, l’auto-focus ET le cadrage dans le court instant où l’animal passe dans la lumière. Pour gagner de précieuses secondes, j’anticipe souvent le passage de l’animal. Je réalise au préalable ma mesure spot en mode priorité ouverture, avant de figer l’exposition en passant en mode manuel (il faut bien sur que la luminosité ne change pas entre-temps, sinon j’apporte immédiatement les corrections nécessaires).

De même pour le cadrage de mon image, sachant que le pic viendra se placer au niveau de la loge, il est possible d’anticiper avant l’arrivée de l’oiseau. Ainsi, je suis beaucoup plus réactif quand le pic se place là où je pouvais l’espérer.

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Voili, voulou, vous savez tout !!!! 🙂 Amusez vous bien avec nos amis les pics.

Retrouvez d’autres images que j’ai faites :

Photographier le renard : le guide complet

Photographier le renard est un sujet traité par de nombreux photographes animaliers. Certains préfèrent l’approche, d’autres l’affût. Je vous présente ici les avantages et inconvénients de ces techniques, et mon expérience sur la photographie de maître goupil.

IMPORTANT – cet article a été rédigé par Fabien GrébanPhotographe animalier professionnel, c’est lui qui s’exprime dans cet article.

Bonus Gratuit : Téléchargez gratuitement le dossier PDF « Photographier le renard » pour vous aider à mieux photographier cet animal extraordinaire !

I/ Connaître le sujet

Comme l’article sur comment photographier le blaireau, intéressons-nous tout d’abord aux caractéristiques du renard :

  • la vie sociale du renard est complexe, il vit en clan mais ses mœurs sont essentiellement solitaires,
  • le renard est un animal diurne que la pression de l’homme tend à rendre nocturne,
  • le renard est carnivore. En Franche-Comté, il se nourrit principalement de campagnols. Mais il peut diversifier son régime alimentaire avec des fruits (merises) ou des insectes.
  • le renard est difficile à leurrer. Rusé et méfiant, il dispose de sens très développés, notamment son odorat (capable de sentir un homme à plusieurs centaines de mètres). Son ouïe et sa vue son également très bons.
  • compte tenu de la pression de la chasse sur le renard, il est très farouche (sauf de très rares exceptions).

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II/ Pourquoi photographier le renard

Le renard est un très bel animal avec sa fourrure rousse et son regard de braise. Il est aussi emblématique de la faune européenne. Présent dans tous les milieux, on le rencontre aussi bien en ville, à la campagne ou en montagne.

Comme pour tous les prédateurs, les yeux du renard expriment la malice. Quiconque aura la chance de croiser son regard sera hypnotisé et voudra revivre cette expérience.

Ses sens et sa ruse en font un sujet difficile, photographier un renard est toujours une performance. Mais si la photo animalière était plus facile, sans doute nous plairait elle beaucoup moins …

[Note de Régis : je ne peux qu’être d’accord avec ça ! 🙂 ]

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III/ Où photographier le renard

La plupart des animaux sauvages sont photographiés soit près de leur gîte, soit sur leur zone de nourrissage.

Je ne conseille pas de photographier un renard adulte près de son terrier. Très craintif, il est généralement aux aguets à proximité de son refuge. Et un dérangement pourra entraîner un abandon du terrier, avec tous les risques que cela implique.

Par contre, les renardeaux sont souvent beaucoup moins méfiants, il est donc possible de les photographier à proximité du terrier, généralement au début du mois de mai. Mais il faudra prendre de nombreuses précautions :

  • ne jamais marcher trop près du terrier (20 ou 30m grand maximum),
  • bien se camoufler pour éviter d’habituer les renardeaux à la présence humaine
  • ne rien laisser sur place (affût, filet, …),
  • faire des affûts courts pour limiter le risque de croiser un adulte,
  • être très attentif et partir aux premiers signes de dérangements (un adulte qui remarquera votre présence poussera des cris d’alerte, dans ce cas, partir immédiatement).

Je préfère en effet photographier le renard sur ses secteurs de nourrissage. Les prairies riches en campagnols seront notamment très convoitées …

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IV/ Quand photographier le renard

On peut, en théorie, photographier le renard toute l’année. Mais il est vrai que pendant la saison de la chasse, renard se montre très discret, adoptant des mœurs quasi exclusivement nocturnes.

Les périodes les plus propices, sont la saison du rut (janvier / février) et toute la période de nourrissage des jeunes (mars à juin), en effet les besoins alimentaires des renardeaux obligent les renards à plus d’activité.

La météo à bien sur une influence sur le comportement du renard. Par exemple, en hiver, les vagues de froid obligent goupil à sortir chasser en pleine journée. C’est alors l’occasion de réussir de belles images, mais il ne faut jamais oublier qu’en hiver, les animaux souffrent du froid et de la faim, il est alors nécessaire de redoubler de vigilance afin de diminuer au maximum les risques de dérangement.

Les heures de sortie du renard sont variables et dépendent de nombreux paramètres. Cependant, j’ai souvent remarqué que le renard regagne son refuge en fin de nuit ou début de matinée, après avoir chassé une bonne partie de la nuit. Mais dans les secteurs tranquilles, il pourra ressortir chasser en milieu de matinée, dans une lumière souvent plus propice à la photographie.

Il est bien connu que la saison des fenaisons est un moment privilégié pour photographier le renard. En effet, goupil parcourra les prairies recouvertes de foin, à la recherche des campagnols tués par les engins agricoles. Mais l’effet d’attraction des prairies fraîchement fauchées est éphémère, il durera 2 jours tout au plus. Il faudra donc surveiller régulièrement les prairies de fauche pendant le mois de juin.

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V/ Comment photographier le renard

V.1/ Photographier le renard à l’affût

Pourquoi choisir l’affût ?

L’affût photo est sans conteste ma technique préférée. Pourtant cette technique est exigeante, et parfois éprouvante. En effet, l’affût demande un travail de repérage conséquent. Et il est nécessaire de se placer avant la sortie des animaux (donc le plus souvent de nuit), l’attente est souvent longue et le froid est beaucoup plus mordant lorsque l’on est immobile.

Cependant, l’affût à plusieurs avantages. Tout d’abord, étant bien caché avant la sortie des animaux, le risque de dérangement est faible, et l’attitude des animaux sur l’image sera plus naturelle. Mais surtout, le choix de la position de l’affût est guidé par l’espoir de réaliser une image bien précise.

Certes, on place l’affût là où l’on espère voir passer maître renard. Mais je choisis toujours la position de mes affûts en fonction du type d’image que je souhaite réaliser :

  • un contre-jour délicat,
  • un bokeh coloré,
  • un paysage particulier.

Alors qu’à l’approche, on laisse le hasard choisir le milieu dans lequel on croisera l’animal espéré.

Comment pratiquer l’affût ?

Pour affûter le renard, je n’utilise pas de tente affût, trop imposante à mon goût, elle attire le regard. Je préfère utiliser de simples filets de camouflages, placés juste devant moi, sur mon trépied (le trépied est indispensable à l’affût), alors que je suis adossé à une haie ou à la lisière du bois. Bien sur, je porte des habits aux couleurs discrètes, sans oublier de masquer les mains et le visage.

Le renard ayant un excellent odorat, je vérifie toujours le sens du vent avant de choisir tel ou tel affût (je prépare toujours différentes positions d’affûts, me permettant de m’adapter selon le sens du vent).

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V.2/ Photographier le renard à l’approche

La photo à l’approche est très plaisante. Pas besoin de rester immobile pendant des heures, on se promène le plus discrètement possible. L’idée étant de voir un animal avant que celui-ci nous repère. Pour réussir cela, plusieurs conditions sont nécessaires :

  • il faut pouvoir masquer ses déplacements, une prairie avec de nombreuses haies sera idéale. Ainsi, on essaie de marcher le plus possible à couvert, en longeant une haie ou une lisière.
  • Il faut pouvoir se déplacer sans bruit. Une journée venteuse sera idéale, le vent masquant nos bruits de pas. À l’inverse, les sols couverts de neige gelée ou de feuilles mortes craquantes voueront toute tentative d’approche à l’échec.
  • Et bien sur, il faut marcher face au vent, pour éviter que notre odeur nous trahisse.

Une fois un renard repéré, il faut choisir rapidement. Rester où l’on est, et espérer que l’animal vienne dans notre direction, ou juger que la configuration du terrain nous permette de nous rapprocher du sujet jusqu’à bonne distance photographique.

Par expérience, je dirais qu’il faut éviter d’être trop gourmand, et laisser l’animal faire les derniers mètres dans notre direction, et ainsi éviter de se faire repérer avant même d’avoir pu déclencher une seule fois.

Quand l’herbe est rase ou le sol enneigé, je m’emporte pas de trépied, car je m’allonge sur le sol dès que je rencontre un animal. Une fois allongé, je suis plus discret, et donc moins susceptible d’être repéré à la vue. Un petit filet couvre mon télé-objectif et mes habits sont de couleur herbe (sans oublier les gants et la cagoule).

Et comme toujours, je déclenche peu, faisant particulièrement attention à la réaction du renard au bruit du déclenchement. Si celui ci ignore le bruit, je sais que je peux continuer à déclencher sans crainte de dérangement. Par contre, si le bruit du boîtier est repéré (renard tourne la tête ou les oreilles dans ma direction), je sais que je ne pourrais déclencher qu’une ou deux fois, pour éviter la fuite.

Il ne faut pas oublier que le but d’une sortie n’est pas de ramener une image à tout prix, mais bien de se faire plaisir. Et déranger un animal sauvage n’est pas très plaisant …

Renard roux en hiver dans le massif du jura

V.3/ Réglage du boîtier pour photographier le renard

Comme presque toujours, je travaille avec le mode priorité à l’ouverture. Celle-ci sera grande (f/4) quand je souhaite avoir une faible profondeur de champ et donc avoir un premier plan et un arrière plan flou.

Attention cependant à la très faible profondeur de champ quand le sujet sera très proche de vous (moins de 10m), dans ce cas, je ferme le diaphragme pour avoir l’ensemble de la tête du renard nette (f/8).

Je règle ensuite les iso, de manière à avoir une vitesse suffisante (1/200 s sera faible et possible si le renard est immobile, 1/500 s sera bien mais insuffisant si le renard est proche et en déplacement rapide, 1/1000 s sera parfait).

Le renard étant le plus souvent en mouvement, je préfère l’auto-focus continue (AF-C ou AI-SERVO selon les marques), en utilisant les collimateurs latéraux pour composer mon image et éviter de centrer mon sujet.

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VI/ Étudier les travaux d’autres photographes

Comment parler de photo de renard sans évoquer les images de Fabrice Cahez, et ses ouvrages comme le superbe « terre de renard ». Un must have, sans aucun doute.

Mais de nombreux autres photographes ont également déjà travaillé avec talent sur le renard, on peut citer par exemple Franco Limosani, et Teddy Bracard.

[Note de Régis : pour en savoir plus sur ces photographes, leurs techniques, astuces et univers respectifs, je vous en encourage à écouter les interviews que j’ai faites de Fabrice Cahez en cliquant ici et de Teddy Bracard en cliquant .]

Retrouvez également mes autres images de renard sur mon site web, Jura sauvage photographies.

Photographier le martin pêcheur : le guide complet

Bonjour à tous,

Cet article n’a pas vocation naturaliste, beaucoup de documents très bien fait existent déjà. Ce document comporte un bref rappel descriptif du sujet, et surtout mon expérience personnelle pour photographier le martin pêcheur qui me passionne depuis de très nombreuses années et sur lequel j’ai décidé de travailler photographiquement depuis un an.

IMPORTANT – cet article a été rédigé par Gil GautierPhotographe animalier professionnel, c’est lui qui s’exprime dans cet article.

Bonus Gratuit : Cliquez ici pour télécharger gratuitement le guide PDF « Photographier le martin pêcheur » pour vous aider à mieux photographier cet oiseau haut en couleurs !

Où le trouver, comment le repérer, comment mettre toutes les chances de son côté pour l’observer, le photographier, tout en respectant certaines règles pour ne pas déranger l’animal.

Je vous expliquerai quelques généralités, mais ce ne sont que des généralités, le comportement, les lieux sont très variés, et notre petit sujet s’adapte à beaucoup de biotopes et de conditions.

mâle martin pêcheur

Le mâle, bec inférieur noir [D3s +300mm + TC2  f7.1  1/200 iso640 ]

Description du Martin Pêcheur

Le martin pêcheur est de la famille des Alcédinidés. Son nom latin est Alcedo atthis. Sa taille est d’environ 16 cm et de couleur bleu turquoise dessus et orange dessous. Le mâle a le bec noir, la femelle a le dessous du bec inférieur orangé.

Femelle martin pêcheur

La femelle, bec inférieur orangé [D3s + 500mm f5.6  1/500  iso360 ]

L’habitat du martin pêcheur

Il habite les rivières à cours d’eau lent, les lacs et les étangs. Le martin pêcheur creuse son terrier dans les berges (galeries d’environ un mètre de long ), c’est là que se passera la ponte, la couvaison et l’éclosion des petits.

Le comportement du martin pêcheur

Le martin pêcheur est solitaire, c’est à partir de janvier, février que la période des amours commence. Pour conquérir sa partenaire, le mâle doit offrir un poisson à la femelle, si elle l’accepte, la reproduction peut avoir lieu. L’instant de l’offrande du poisson s’appelle « le passage ».

Il se nourrit principalement de poissons (de l’alevin à beaucoup plus gros), mais n’hésite pas à varier de temps en temps avec des batraciens, voire même des odonates.

La méthode de pêche du martin pêcheur est de se poster au dessus de l’eau (sur un perchoir) et de plonger sur sa proie (poisson, alevin, batracien). Une fois pêché, il remonte avec son poisson dans le bec, et le tue avant de l’avaler tête la première.

Pour le tuer, il le frappe violemment sur une branche (ou un rocher). Si son perchoir est une branche fine, vous êtes assuré qu’il ne remontera pas avec son poisson dessus. La branche étant trop fine pour assommer son poisson, le martin pêcheur préférera donc un autre endroit (plus gros) pour tuer et manger sa proie. Il arrive fréquemment que l’oiseau s’envole, se place en vol stationnaire au dessus de l’eau et plonge.

Si vous voyez le martin pêcheur qui remonte de sa pêche et se pose avec un poisson dans le bec tête vers l’exterieur, sachez que ce poisson est destiner à nourrir ses petits! Il donnera le poisson à l’oisillon pour que ce dernier l’avale tête la première .

toilette martin pêcheur

La toilette ( montage de 3 images ) [D3s + 300mm TC2 . Iso1100 1/320″ f5.6]

Comment repérer le martin pêcheur ?

Comme pour tous les sujets, il faut et il est indispensable de connaitre son sujet ! Ceci est vraiment la base de la photo animalière.

Ne comptez pas sur la chance. Il faut plutôt mettre tous les paramètres de son côté pour d’une part le repérer, l’observer et ensuite et seulement penser à la photo.

Connaitre son habitat, son biotope. Voir dans la description « son habitat », rivières , lacs et étangs … là où il y a de l’eau douce en fait ! Et des poissons !!

La première partie de votre repérage se fera tranquillement comme souvent pour ma part, derrière votre écran d’ordinateur, sur @google map ou @geoportail . [Note de Régis : j’ai écrit un article au sujet du repérage à l’aide de Google Maps]

Commencer par rechercher autour de chez vous (ou ailleurs, c’est vous qui voyez), les points d’eau, rivières et des eaux fermées.

Pour les rivières, il faudra trouver des endroits le long de celle-ci où l’eau est calme. Des renfoncements dans les berges avec des trous d’eau. Le martin ne pêche pas dans de l’eau bouillonnante (car il ne peut pas voir les poissons )

Élément indispensable, des perchoirs ! Le martin pêcheur repère ses proies tranquillement posé sur son perchoir (branche par exemple). En général, son perchoir se situe de 1 m à 2 m au-dessus du niveau de l’eau (je dis bien en général …). Cette hauteur lui donne assez de puissance pour son plongeon.

Pour ce qui est de la profondeur de l’eau, j’ai vu des oiseaux qui pêchaient dans 10 cm d’eau et d’autres dans 2 m d’eau … donc j’ai du mal à en tirer une conclusion.

perchoir martin pêcheur

Un exemple de perchoir

Pour les lacs, étangs et marres (eau fermée), idem que pour les rivières.

De l’eau calme, des perchoirs. Les perchoirs peuvent être aussi des roseaux, il n’est pas rare de voir un martin pêcheur agrippé à un roseau vertical.

Que ce soit en rivières ou en eaux fermées, recherchez plutôt un endroit calme, avec pas trop d’allées et venues de promeneurs, pêcheurs (quoi que les pêcheurs tranquillement assis ne gênent en aucun cas notre ami le petit bleu).

Un endroit calme pour vous, c’est mieux le calme et la tranquillité, et aussi pour notre petit sujet qui est très craintif.

20160203_124701

Le chant du martin pêcheur

La suite de votre repérage se fera sur le terrain. Mais avant toute chose il est primordial de connaitre le chant du martin pêcheur. Vous l’entendrez avant de le voir je vous l’assure. Son chant porte assez loin, et 15 cm dans des branchages à 100 m c’est compliqué à voir .

Donc passez-vous en boucle le chant du martin (c’est toujours mieux que certains « chanteurs») :

www.chants-oiseaux.fr/martin-pecheur

Il y a plein de sites avec le chant du martin , vidéos etc .. je vous laisse chercher. La recherche fait partie de la démarche aussi !

martin pêcheur

[ D3s + 300mm + TC2  f7.1  1/320  iso720 ]

Sur le terrain

Equipez-vous ! … Vous avez bien repéré l’endroit au chaud devant votre ordinateur, il est temps d’aller sur le terrain. La première chose :

  • Le lieu est-il autorisé ?

En cas de doute, je vous conseille de vous renseigner en mairie ou autre autorité compétente comme ONCFS par exemple. Méfiez-vous des panneaux d’interdiction trop souvent inexistants, ou mal placés.

  • Cet endroit est-il accessible sans dérangement de la faune ?

En cas de doute, renoncer.

Une paire de jumelle c’est vraiment le mieux. Mais aucunement obligatoire. Mais c’est mieux ! 🙂

Faites un tour des lieux, pensez martin ! Vous allez rire mais je me fais toujours cette réflexion « si j’étais un martin , je me poserais ici ». De l’eau (calme, pas forcement limpide) , une/des branches, des poissons. Ça sent très bon ! Peut être même que par chance quand vous êtes arrivé, un héron a décollé, ou un cormoran. Signe incontestable de la présence de poissons.

S’il y a des pêcheurs dans le coin, posez leur la question, au milieu d’une discussion* « Au fait , vous avez vu des martin pêcheurs dans le coin ?»

*Oui , je précise , au milieu d’une discussion, le respect des règles de politesse et de savoir-vivre s’applique aussi et surtout dans la nature !

Posez-vous tranquillement dans la zone, qui à votre avis est propice à la présence de notre ami et attendez. Mettez-vous très en retrait, voire même loin. Si cela se trouve et comme très souvent, Mr ou Mme Martin est dans un arbre et vous a vu arriver de loin et je vous assure qu’il n’est pas prêt de bouger. Il a une patience à toute épreuve. Vous pouvez si cela est possible rester dans votre voiture. C’est ce que je fais quand cela est possible. Toutes vitres ouvertes pour écouter (éteignez votre auto-radio et votre téléphone).

L’attente commence, écoutez, observez, mettez vos sens en éveil. Je dirai qu’une heure est un minimum, deux heures c’est mieux pour être « sûr » de sa non présence. Pour sa présence, vous serez vite fixé. Un cri, un passage au raz de l’eau, un posé sur une branche, c’est gagné.

Si le lieu vous parait propice, réitérez vos observations, à différentes heures. Le martin pêcheur est actif toute la journée du lever au coucher du soleil. Avec quelques pointes d’activités, le matin de bonne heure en l’occurrence. En période de nourrissage des petits, c’est toute la journée, presque sans discontinuer.

Si suite à plusieurs séances d’observation, vous n’avez rien vu, et bien retour à la case départ, et recherche d’un autre endroit.

martin pêcheur

[ D3s + 300mm + TC2  f5.6  1/800  iso200 ]

Premières approches photographiques

Si vous décelez sa présence, c’est là que les choses commencent … « pardon elles ont déjà commencé » depuis vos premières recherches sur les cartes, même avant, dès votre première démarche, vous disant j’ai envie de voir un martin pêcheur .

Alors là, il va falloir «observer» «réfléchir» et se poser les bonnes questions.

  • A quel endroit se pose-t-il le plus souvent ?

Il y a toujours plusieurs postes de pêche ou de reposoir, déterminez celui qui est le plus intéressant (voir la suite).

Il existe les branches de pêche, et les reposoirs de passage. Je ne vous ferais pas l’affront de vous expliquer à quoi servent les reposoirs de pêche, par contre il y a des reposoirs de passage. Sur ces derniers vous verrez souvent Mr Martin se poser 10 secondes et repartir.

Une petite pause, où il peut rapidement regarder ce qui se passe aux alentours.

Vous pourrez également voir l’oiseau se poser sur un rocher, et pêcher.

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  • Est-ce que son nid n’est pas près de cet endroit ? (vous pourrez repérer le nid en période de nourrissage des oisillons au printemps et été)

Là c’est catégorique, on oublie et on ne s’approche pas !!

  • Es ce que dans cette ambiance, ce lieu, ce décor, je vais pouvoir faire une belle photo ?

Oui => je pense, je ne sais pas, il faut tester, là je laisse votre esprit créatif et artistique en juger. J’en parlerai néanmoins dans un chapitre un peu plus loin.

Non => alors profitez simplement de l’observation, du plaisir et vous apprendrez pour la suite.

Pour info, je connais beaucoup d’endroits où il y a des martins pêcheurs, mais beaucoup (une majorité) ne sont pas du tout photogéniques, trop de branches, lumière directe, mais j’y passe souvent juste pour observer les comportements et me faire plaisir.

Je vous conseille de passer beaucoup de temps à observer ! Ce sera du temps de gagné pour préparer vos affûts pour photographier le martin pêcheur.

Photographier le martin pêcheur

Le premier affût

Préparer et imaginer votre approche vers l’endroit où vous allez vous installer pour faire (ou pas) des photos .

On y arrive, et oui le martin pêcheur se photographie à l’affût ! Inutile de vous amuser à vouloir le photographier à l’approche. Cela arrive de temps en temps que vous puissiez rencontrer un oiseau peu farouche … ça arrive … ou pas.

[Note de Régis : pour en savoir plus, lisez mon guide sur la technique de l’affût]

Avant d’approcher de l’endroit où vous voulez vous installer, il est impératif de vérifier la non présence de l’oiseau !! N’arrivez pas comme un cheveu sur la soupe alors que le martin est sur sa branche tranquille !

Vous allez le déranger, le faire fuir, avec le risque qu’il quitte ce lieu définitivement. Dans le meilleur des cas , il vous faudra attendre un certain temps avant de le voir revenir.

Pour la distance entre vous et l’oiseau , cela dépend de votre matériel et de surtout quelle photo vous souhaitez faire !! c’est votre choix.

Personnellement, je préfère les photos d’ambiance , mais je fais aussi des gros plans. Mes photos sont prises entre 3 m et 20 m  (focale 300mm, 400mm, 600mm ( 24×36 ) ). Je dirais que ma distance moyenne est de 7 m.

Partez dans l’idée d’un affût d’une heure minimum et c’est un minimum. Comptez plutôt sur deux heures pour mettre toutes chances de votre coté (il n’y a pas de maximum).

L’idéal est de se mettre en place avant le lever du soleil … c’est l’idéal .

Vérifiez que l’oiseau n’est pas dans le secteur et installez-vous au plus vite. Il m’est arrivé, pendant que j’installais mon affût qu’il se pose sur la branche à dix mètres de moi … et là … il faut faire le mannequin du musée Grévin. 🙂

martin pêcheur

L’attaque de l’épervier [ D3s + 300mm   f4  1/640  iso200 ]

Matériel et technique d’affût

Le martin pêcheur à une vue incroyable ! Voilà je vous ai tout dis. 🙂

Au minimum il vous faudra un filet de camouflage. Et essayez de vous fondre dans la végétation.

Un trépied, pour éviter les mouvements et déplacements de l’appareil photo.

La tente affût est un confort (votre confort), elle permet de pouvoir bouger (un peu) à l’intérieur, boire un café quand il fait froid ou de l’eau quand il fait chaud (et encore plus chaud dans la tente).

La tente affût permet aussi d’être à l’abris de la pluie, neige, brume etc … Inconvénient, pas toujours pratique de la mettre où on veut. Je pratique les deux types d’affûts : filet et tente suivant les endroits. Une chose que j’ai remarquée, c’est que certains oiseaux acceptaient plus ou moins la tente affût dans le paysage, et que le filet passait mieux.

Idem qu’avec le filet ! Attention au déplacement de l’objectif , tous les déplacements de l’objectif doivent être très très très très lents. Je suis prêt à parier que vous vous ferez avoir .

Je vous conseille un petit tabouret (type tripode) pour être bien installé, car vous allez partir pour quelques heures d’affût. Si vous êtes avec le filet, mettez des gants (couleur neutre), les mains sont la première chose que les animaux repèrent. Une cagoule est également préférable.

Mettez-vous en place rapidement ! Ne passez pas deux heures à vous installer. Mettez tout votre matériel sous le filet ou dans la tente . Rien ne doit traîner à l’extérieur ! Je vous l’ai dis au début le martin pêcheur à une vue et un sens de l’observation incroyables! Un sac photo qui traîne et c’est cuit (j’ai testé pour vous).

Une fois en place, écouter, observer …. Un «plouf» est des fois un bon indice !

martin pêcheur

[ D3s + 300mm + TC2  f6.3  1/320  iso720 ]

Si votre sujet se pose à l’endroit que vous attendiez, « zen » restez « zen ».

Laissez passer un peu de temps avant de vous jeter comme un fou sur le déclencheur pour photographier le martin pêcheur. Il va dans un premier temps observer, sûrement regarder dans votre direction. Si votre objectif n’est pas tout à fait dans la bonne direction, ATTENDEZ ! Ne bougez pas.

C’est dans les premiers instants après qu’il se soit posé qu’il est le plus vigilant. Avec l’habitude vous comprendrez son comportement (ses hochements de tête très significatifs). S’il plonge pour pêcher, c’est que vous ne l’intriguez pas et c’est donc gagné (pour le moment).

Regardez son comportement au bruit du premier déclenchement … méfiez-vous. Si vous insistez trop, il aura vite fait de repartir.

Matériel et technique photo

Pour le matériel … Je dirais, faite avec ce que vous avez ! La focale : minimum 300 mm (en 24×36 ), 200 mm (en APS-C).

Si vous avez un mode silencieux utilisez-le.

Technique photo de base : je ne vous ferai pas ici un cours photo, mais voila rapidement comment je travail.

Mode Av pour gérer la profondeur de champ. Montez les ISO pour avoir une vitesse correcte (pas de flou de bougé sur trépied, mais à 300 mm je vous conseille 1/200 minimum juste par sécurité). Au décollage de l’oiseau, à 1/320 les ailes sont floues, donc 1/800 minimum pour l’avoir net en vol .

Sur trépied mettez la stabilisation de votre objectif sur OFF .

Je n’utilise presque jamais la rafale (Mode silencieux oblige). Seulement quand je veux faire une photo au décollage ou en action de pêche.

martin pêcheur

[ D3s + 300mm   f2.8  1/320  iso280 ]

Photographier le martin pêcheur : les photos

Réglez votre appareil et pensez cadrage, angle, lumière !

Faites des tests de photo «à vide» (sans le sujet). J’ai énormément de photos de branches sans rien dessus 🙂 mais cela me permet de peaufiner mes réglages et cadrages et de me donner une idée de la photo finale.

La lumière évolue, donc faites évoluer vos réglages en fonction de la lumière. Même si je ne fais pas de photos ce jour-là, je sais quel sera le potentiel pour la prochaine fois !

Soyez créatif, ayez votre propre regard, soignez inventif

Je vous encourage d’aller voir une petite vidéo (les coulisses) que j’ai faite de mon approche photographique et surtout artistique, sur le martin pêcheur sur mon blog  : la-genese-dune-photo-episode-1-martin-pecheur-mais-plus-encore/

[note de Régis : je vous y encourage aussi ! 🙂 ]

Martin pêcheur

[D4s + 300mm + TC1.4  f5.6  1/640  iso800 ]

Je vous remercie de m’avoir lu, et j’espère sincèrement que ces quelques indices pourront vous aider à rencontrer le petit oiseau bleu. Attention, photographier le martin pêcheur est addictif, mais quelle belle addiction. Je finirai simplement par ces quelques conseils :

Maîtrisez votre matériel, maîtrisez la technique de base de la photo. Osez la créativité ! Travaillez votre propre démarche artistique, plutôt que d’essayer de reproduire et surtout faites vous plaisir. 

Maintenant c’est à vous de jouer !

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Vous pouvez retrouver mon travail photographique sur :

Photographier le blaireau : le guide complet

Bonjour à tous

Je vous présente ici mon expérience pour photographier le blaireau. D’autres méthodes existent, ce recueil est à considérer comme une expérience parmi d’autres. Ma façon d’aborder un sujet dépend principalement du style d’image que je recherche et des caractéristiques du milieu dans lequel j’évolue. Il y a autant de façons de faire que de photographes. Mais trêve de bavardage …

IMPORTANT – cet article a été rédigé par Fabien GrébanPhotographe animalier professionnel, c’est lui qui s’exprime dans cet article.

Bonus Gratuit : Téléchargez gratuitement le dossier PDF « Photographier le blaireau » pour vous aider à mieux photographier cet « ours » de chez nous !

1/ Connaître le sujet 

Pour tout nouveau sujet animalier, il faut d’abord se renseigner sur l’espèce. Plusieurs informations sont capitales afin de mettre toutes les chances de votre côté et réussir à photographier le blaireau :

  • le blaireau vit en clan familial dans un terrier,
  • le blaireau est un animal  à l’activité presque exclusivement nocturne,
  • le blaireau est omnivore, il se nourrit principalement de vers de terre, d’insectes, de racines, de fruits, de champignons et de campagnols,
  • le blaireau dispose d’un excellent odorat et d’une bonne ouïe, par contre sa vue est très mauvaise.
  • Comme la grande majorité de la faune européenne, le blaireau est très farouche.

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2/ Pourquoi photographier le blaireau

Quiconque a déjà observé le blaireau vous dira que c’est un animal attachant. Ses courtes pattes lui confèrent une démarche particulière. Sa tête blanche avec les deux bandes noires, ses petits yeux noirs et ses oreilles rondes lui donnent un air de petit ours.

A la sortie du terrier, vous pourrez assister à sa vie sociale, aux séances d’épouillages collectives (comportement plutôt rare pour la faune européenne). Et surtout, il a une gueule photogénique.

 

Note de Régis : vidéo réalisée par Fabien Gréban

3/ Où photographier le blaireau

L’immense majorité des photos de blaireau que vous pourrez voir est réalisée aux abords du terrier. C’est en effet près du terrier qu’il est le plus facile de voir et donc de photographier le blaireau.

Dans un premier temps, vous devrez donc trouver un terrier de blaireau. Mais attention, il dispose de deux types de terriers, un principal et des terriers secondaires, nettement moins utilisés.

Comment les reconnaître ? C’est très simple, un terrier principal est constitué d’un grand nombre d’entrées (10 à 15), alors qu’un terrier secondaire est beaucoup plus modeste (1, 2 ou 3 entrées seulement). C’est sur le terrier principal qu’il faut concentrer ses efforts, car c’est là que vous aurez les plus grandes chances de succès.

Un terrier de blaireau

Un terrier de blaireau

 

Le blaireau peut creuser son terrier un peu n’importe où … en pleine forêt le plus souvent, mais aussi en prairie dans une haie, ou même en plein milieu d’un champ (ce qui n’est pas très apprécié par les paysans). Il faut privilégier les recherches dans les talus, là où il est plus facile pour lui d’évacuer la terre.

Pour trouver un terrier, pas de recette miracle, il faut marcher encore et encore, quitter les sentiers, arpenter les bosquets et taillis. Cependant, certains indices trahissent la présence de blaireau :

  • les pots à crotte caractéristiques
  • et les coulées (le blaireau empreinte rigoureusement les mêmes sentiers pour accéder à ses zones de nourrissage).

Vous devrez aussi être capable de reconnaître les empreintes du blaireau (elles sont facilement reconnaissables).

Il est aussi possible de photographier le blaireau dans ses zones de nourrissage, mais c’est beaucoup plus difficile qu’à l’affût devant le terrier car beaucoup plus aléatoire. Cependant, j’ai la chance d’avoir un groupe de blaireaux qui va farfouiller dans la même prairie dès la fauche des foins, c’est même devenu un rendez-vous annuel que je ne manque pas.

Comme le renard, il va y chercher les dépouilles de campagnols tués par les engins agricoles. D’autres événements saisonniers permettent également de voir le blaireau presque à coup sûr. Par exemple, l’animal est gourmand de noix, surveillez donc les noyers à l’automne, tout comme les merises en été.

photo de blaireau en plein jour

4/ Quand photographier le blaireau

Le blaireau est un animal nocturne qui hiverne. Inutile donc de le chercher en hiver pendant les grandes vagues de froid, ou encore espérer le rencontrer en plein milieu de journée.

Il est tout de même possible de le photographier presque toute l’année, grâce à un éclairage d’appoint (flashs déportés). Mais j’avoue ne pas être à l’aise avec cette technique, et préférer une lumière naturelle. Mais comment photographier un animal nocturne sans flash ?

Et bien, la période du solstice d’été est très favorable. En effet, le raccourcissement de la durée de la nuit oblige le blaireau à « déborder » sur le matin ou la soirée. Personnellement, je préfère les affûts du soir, sans doute car « mes » terriers y sont alors le mieux éclairés. Mais de nombreux collègues photographient les blaireaux au petit matin lors de leur retour au terrier.

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5/ Comment photographier le blaireaux

5.1/ À l’affût, devant le terrier

Vous avez trouvé un terrier principal de blaireau. Celui-ci est habité, en témoignent les empreintes fraîches et les récents terrassements réalisés par le mustélidé. Vous avez patiemment attendu les beaux jours du mois de mai, et êtes impatient de commencer l’affût. Mais comment s’y prendre ?

Le blaireau a une très mauvaise vue, inutile donc de prévoir une tente affût, ou même des filets de camouflage. Des habits sombres feront l’affaire, et il suffira de s’asseoir contre un tronc d’arbre par exemple pour éviter que votre silhouette ne se découpe sur l’horizon.

Le blaireau a une bonne ouïe. Attention donc à choisir des vêtements silencieux. En effet, le blaireau sera particulièrement craintif à la sortie de son terrier, et le moindre bruit le fera rebrousser chemin.

Attention également au bruit du déclenchement de votre boîtier, une housse anti-bruit ou une polaire enroulée autour de votre matériel sera un plus. Il faudra tout de même éviter les rafales et bien espacer les déclenchements, le temps que l’animal s’habitue au bruit de votre boîtier.

photographier le blaireau

Une photo de blaireau au terrier

Le blaireau à un excellent odorat. Il est donc capital de se placer à bon vent. Utiliser une « poire » avec de la farine, ou une ficelle de sac poubelle attachée à votre trépied ou encore les graines de pissenlit pour mesurer précisément la direction du vent et choisir votre position en conséquence.

Si vous choisissez d’affûter le soir, je vous conseille de vous placer 1h30 avant le coucher du soleil. Avec un peu de chance, le blaireau sortira dans la belle lumière du soir. Le blaireau vivant en clan familial, vous pourrez le plus souvent voir plusieurs animaux en même temps. Mon record est de sept blaireaux (avec ma fille dans les bras, un sacré souvenir).

Avant le premier véritable affût photographique, il faudra s’assurer de la présence ou non d’invités surprise … en effet, les terriers de blaireau sont souvent squattés par d’autres espèces, le renard notamment. Un affût renard est plus exigeant qu’un affût blaireau. Et au printemps, il faut éviter de déranger une famille de renards qui déménagera les renardeaux au moindre doute. Il faut donc observer de loin le terrier aux jumelles avant le premier véritable affût.

Enfin, si vous êtes repéré, partez de suite, et ne revenez que plusieurs jours plus tard. Inutile de stresser nos petits sujets.

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5.2/ À l’approche sur les zones de nourrissage

En chemin vers un affût au renard, il m’arrive régulièrement de croiser un blaireau qui termine sa balade nocturne (principalement de mai à juillet). Ou alors à l’affût près d’une prairie fraîchement fauchée, on peut apercevoir en fin de journée un blaireau venu chercher un repas. Dans ce cas, je me permets de réaliser une approche qui, si l’on respecte les règles de base, sera très souvent couronnée de succès.

Dans sa zone de nourrissage, le blaireau sera beaucoup moins craintif qu’à la sortie de son terrier. Mais pour l’approcher, il faut se souvenir de ses sens les plus développés.

Tout d’abord, son redoutable odorat nous oblige à avancer face au vent. Ensuite, son ouie bien développée nous impose d’avancer lentement et très silencieusement. Par contre, sa mauvaise vue vous permettra d’avancer debout, surtout si l’animal a le soleil dans les yeux.

On peux alors approcher de très près le blaireau, ou plus exactement on s’allonge à bonne distance (une trentaine de mètres) et on le laisse faire les derniers mètres. Le blaireau pourra même passer si près que la prise de photo sera impossible (sous la distance mini de map), comme en témoigne cette photo (quelque peu provocante) où le jeune blaireau a fini par rentrer la tête dans mon pare-soleil !!!

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5.3/ Réglage du boîtier pour photographier le blaireau

Vous l’aurez compris, même s’il est possible de photographier le blaireau avant le coucher du soleil, la plupart des prises de vue se feront dans les dernières lueurs du jour. Dans ces conditions, je conseille le matériel suivant :

  • un boîtier avec une bonne montée en iso (je suis régulièrement entre 1000 et 2000 iso)
  • une focale lumineuse : un 300 f/2.8 sera parfait mais j’utilise très souvent mon 300/f4
  • et surtout un trépied bien stable avec une rotule adaptée à votre objectif.

Pour les réglages du boîtier, je suis le plus souvent dans cette configuration :

  • mode priorité à l’ouverture
  • ouverture maximale de votre objectif
  • monter en iso pour avoir une vitesse suffisante. 1/500s sera parfait mais rarement réalisable, je suis souvent à 1/200s voir moins (d’où l’intérêt d’un bon trépied).
  • pour rendre l’atmosphère crépusculaire sur l’image et gagner un peu de vitesse, je corrige souvent la balance d’exposition de -1/3 de IL à -1 IL.
  • dans la pénombre, l’auto-focus montre souvent ses limites. Dans ce cas, j’utilise l’AF statique (AFS chez Nikon, ou ONE SHOT chez Canon), avec le collimateur central. Après la mise au point, je décentre mon sujet pour soigner la composition de l’image.

6/ Étudier les travaux d’autres photographes

Avant de commencer un sujet, il est toujours utile de regarder les travaux des autres photographes. Soit pour y trouver de l’inspiration ou au contraire faire un « état de l’art » et tenter d’y apporter sa propre touche d’originalité.

Parmi ceux qui ont photographier le blaireau, je citerai par exemple les travaux remarquables de :

7/ Auto-promo

Enfin, vous me pardonnerez, j’espère, si je fais la promotion de mon activité ….

Si vous êtes tentés par le blaireau, et que vous souhaitez être encadré sur le terrain pour découvrir l’espèce, sachez que je propose des stages de photographie animalière, plus d’infos sur mon site web : www.faune-jura.com

Photographier le chevreuil : le guide complet

J’inaugure avec ce dossier sur comment photographier le chevreuil une longue série sur les animaux. Je l’ai longuement expliqué dans mon article sur les projets du blog en 2016. J’aurais dû commencer il y a bien longtemps ! Moi qui communique beaucoup sur l’importance d’acquérir avant tout des compétences naturalistes, je n’avais paradoxalement aucun billet dédié à la connaissance d’animaux en particulier. Euh … si quand quand même. Le lapin de garenne m’avait pas mal occupé !

Voici ce que vont systématiquement comporter les dossiers animaux :

  • comment reconnaitre l’animal
  • comment le repérer
  • comment l’observer
  • comment le photographier

Autant vous dire que les articles ne feront pas 326 mots. Vous pouvez ajouter un zéro et prévoir un bon quart d’heure pour la lecture ! C’est bon ? Vous êtes prêt ? Alors c’est parti avec notre cher Capreolus Capreolus. 🙂

Bonus Gratuit : Télécharger gratuitement le dossier PDF « Photographier le chevreuil » pour vous aider à mieux photographier ce cervidé emblématique !

© Thijs Van Den Burg, sous licence CC BY-NC-ND

© Thijs Van Den Burg, sous licence CC BY-NC-ND

Reconnaître le chevreuil

Certainement comme beaucoup d’entre vous, je n’ai pas fait d’études universitaires en zoologie, la science qui étudie les animaux. Ce serait un sacré plus. Mais rien n’est perdu ! Nous avons la chance de vivre une époque formidable pour acquérir de nouvelles connaissances.

Livres, magazines, internet, vidéos, MOOC, université pour tous, … nous avons l’embarras du choix pour accéder au savoir !

Tout déficit est très largement rattrapable. Celui qui désire photographier une nouvelle espèce a toutes les cartes en main pour bien faire les choses.

Sur un sujet aussi populaire que le chevreuil, il n’y aucune difficulté pour trouver les bonnes informations. C’est un animal maintes fois étudié, tout ce qu’on trouve sur lui ne fait guère débat.

Les dimensions du chevreuil

Son nom scientifique est Capreolus Capreolus, qui vient de Capra, signifiant chèvre. Il s’agit donc d’un petit animal, le plus petit cervidé d’Europe. Voyez un peu :

  • il mesure entre 95 cm et 135 cm de longueur
  • il mesure 65 cm à 75 cm au garrot
  • il pèse de 20 kg à 25 kg.

On est bien loin des 2 mètres de long, 200 kg et 1,40 m au garrot du cerf. Impossible de confondre donc ces deux herbivores. Le premier faisant la taille d’une chèvre et l’autre presque celle d’un élan.

Le chevreuil mâle s’appelle le brocard et la femelle, quand à elle, la chevrette.

L’apparence du chevreuil

Le chevreuil n’a pas exactement la même couleur de robe selon la saison de l’année :

  • En été, il possède une robe brun-roux sur le dos et les flancs, mais plus claire sur le ventre.
  • En hiver, son poil devient plus épais (plus de chaleur ne fait pas de mal !) et sa couleur passe au gris-brun.

Voici d’autres caractères d’identification visibles et bien pratiques :

  • son museau est noir
  • sur les fesses, il a une zone de poil blanc. On dit souvent qu’il a un mirroir blanc sur les fesses. Ce miroir est :
    • en forme de haricot chez le mâle
    • en forme de coeur chez la femelle (ça ne s’invente pas !)
  • le brocard porte sur sa tête des petits bois droits presque parallèles, atteignant les 25 cm de long. Il les perd fin octobre et repoussent entre mi-janvier et mi-février.

Voilà. Avec ça, vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas reconnaitre un chevreuil gambadant dans les prés. Et ne plus jamais faire de confusion avec un autre cervidé, le cerf.

© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-N

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Repérer le chevreuil

Son habitat

J’ai écumé la bonne dizaine de livres naturalistes que j’ai, pour vous faire une synthèse complète sur les zones où vous trouverez le chevreuil.

  • Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le chevreuil ne vit pas exclusivement dans les forêts. Au contraire, c’est un animal qui est très bien adapté aux milieux ouverts. Ce n’est pas le cas du cerf qui lui est bien plus présent dans les forêts. Ça n’est pas pour rien qu’on l’appelle le roi de la forêt, lui ! 🙂
  • Le chevreuil ne vit pas dans un seul et unique type d’habitat. C’est même l’inverse. C’est un animal qui apprécie les milieux diversifiés. Son habitat est fait d’alternances de bois, de prairies, de champs cultivés, de clairières.
  • À condition de trouver cet enchainement de bois et de prairies, il est très possible de voir des chevreuils aux abords des villes. Vous devez savoir que sa population augmente constamment depuis des années. Et même si autrefois, sous la pression de la chasse il s’était réfugié dans les forêts, on le trouve à présent un peu partout.
  • Le chevreuil fait preuve de grandes capacités d’adaptation. Vous pouvez le croiser aussi dans des grands parcs urbains. À condition à nouveau que le milieu soit diversifié : bois, clairières, …
© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-ND

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  • L’endroit où vous aurez le plus de chances de l’apercevoir, c’est vers les lisières de forêts. Ceci étant parfaitement logique ! Il aime l’alternance de prairies et de bois.
  • Il adore les taillis, types de bois bien particuliers. Souvent exploités par l’homme, ils ont la caractéristique d’avoir de très nombreuses souches d’arbres sur lesquelles se trouvent beaucoup de jeunes pousses. Et comme le chevreuil en raffole, il y est très présent ! Revers de la médaille, les taillis sont des milieux plutôt couverts, c’est plus difficile de le repérer de loin. Je vous conseille quand même de vous renseigner auprès des anciens de chez vous, des paysans ou des chasseurs pour savoir où se trouvent ces fameux taillis.
  • Important à savoir : ce petit cervidé préfère les forêts jeunes aux hautes futaies bien installées. Des futaies sont des bois constitués d’arbres de grandes dimensions pauvres en jeunes pousses. Pas intéressant pour le chevreuil ! Ce qu’il veut, lui, ce sont des zones de sous-bois denses.
© Pap_aH2, sous licence CC BY-NC-ND

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Je résume en dix-huit deux mots.

Le chevreuil vit dans des zones boisées avec plein de jeunes pousses, bordant des prairies ou des cultures.

Donc si vous avez près de chez vous ce type d’habitat, vous devriez trouver des indices de présence du chevreuil sans trop de problèmes.

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Quelle méthode pour repérer le chevreuil ?

Vous savez maintenant où il peut potentiellement vivre. Mais pas question pour l’heure de tenter de photographier le chevreuil. C’est trop tôt. Certes, vous avez à 5 minutes de chez vous LA zone. Mais rien ne vous garantit qu’il y en a.

Ne perdez pas votre temps, votre énergie et votre motivation à photographier du vide. Ce que vous devez faire là, tout de suite, c’est valider la présence réelle d’individus à un endroit donné.

Pour ça, vous avez le choix entre deux façons de faire : soit directement, soit … indirectement. 🙂

  • manière directe : vous tentez de voir l’animal en vrai de vrai. J’ai bien dit, voir, hein, et pas photographier ! 😉
  • manière indirecte : vous cherchez des traces de vie de l’animal, les fameux indices de présence.

Il n’y en n’a pas une meilleure que l’autre. Il faut surtout utiliser celle qui va le mieux selon l’espèce choisie. Pour le lapin de garenne ou le pic noir par exemple, mieux vaut partir à la recherche d’indices de présence. Ces animaux étant trop petits pour espérer voir de loin directement les sujets.

Pour le chevreuil, on peut faire les deux ! C’est à vous de choisir la méthode qui vous va le mieux. Soit repérer directement le chevreuil, on va voir comment, soit repérer des indices de sa présence, on va voir aussi comment. 🙂

© Ess_ThreeFive, sous licence CC BY-NC-ND

© Ess_ThreeFive, sous licence CC BY-NC-ND

La manière directe

Je vais certainement en surprendre plus d’un. Le moyen le plus facile et le plus efficace, mais aussi le moins fatiguant pour voir des chevreuils est de vous promener en voiture ! Ok, c’est pas franchement éco-friendly ! Si ça vous embête, vos prochaines courses du mois vous les ferez à vélo pour compenser ! 😉

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, les animaux ne semblent pas associer la voiture à l’homme. La Mercedes Classe E coupé flambant neuve n’est qu’un gros truc qui fait du bruit roulant TOUJOURS sur la grande bande gris-noir. C’est ça, le goudron. 🙂 Car oui, les animaux aiment les choses prévisibles empruntant la même trajectoire. Tout le temps. J’avais écrit un article sur l’intérêt de faire ses affûts en voiture.

Le chevreuil ne déroge pas à la règle : les voitures ne lui font pas peur. À partir du moment où la votre reste bien sur la route et ne s’arrête pas. Parfait donc pour le repérage à distance.  Et comme le chevreuil peut se voir de loin, c’est un exercice qui fonctionne très bien.

Alors où aller précisément en voiture ? Dans les endroits que je vous ai décrit dans la partie « habitat ». Vous allez donc devoir bosser un peu ! À vous de savoir près de chez vous où se trouve une alternance de bois, de prairies, de champs cultivés, de clairières. Avec un environnement comme celui-là, assez présent en France, vous aurez de grandes chances de l’apercevoir au détour d’une petite route de campagne.

Pour gagner du temps je vous conseille de jeter un oeil à l’avance sur une carte IGN ou mieux (d’après moi !) sur un outil comme Google Maps ou Geoportail. Repérez alors les zones faites de bocages, de lisières de forêts, ouvertes et parsemées de bosquets. Bien sur, il faut qu’une route passe dans cette zone. Car je vous rappelle que l’idée est de les voir sans descendre de votre voiture. N’hésitez pas à lire mon article complet sur comment bien utiliser Google Maps

L'outil Geoportail est très pratique.

Par contre, il ne faut pas y aller n’importe quand. La plupart du temps, le chevreuil sera visible et actif en tout début de journée et en fin de journée. Mais il est tout à fait possible de l’observer aussi en pleine journée. À condition qu’il ne soit pas dérangé.

Il subit moins de pression de mars à septembre et pourra être vu plus souvent en pleine journée. Au contraire, de septembre à avril, il sera plus discret en journée à cause de la chasse. Par contre, pendant l’hiver, il peut arriver qu’il doive aller chercher la nourriture un peu partout l’obligeant à prospecter dans des zones découvertes. Vous pourrez donc le voir aussi et sans lui faire subir une pression supplémentaire !

À condition de rester dans votre voiture, le dérangement potentiel est quasi nul. Souvenez-vous que la voiture n’est qu’un gros animal ne dérangeant pas le chevreuil, à condition qu’elle reste bien sur son territoire : la route ! 🙂

Concrètement maintenant, comment faire ?

  • Il faut rouler à fond faire crisser les peux et tirer le frein à main dans les virages rouler doucement ET à allure régulière.
  • Être attentif et concentré, éteindre la radio, le GPS, ne faire que ça (et conduire quand même).
  • Regarder dans une zone un peu comme si on regardait dans le vague. Il ne fait pas trop regarder précisément. En fait, au début, vous allez plutôt chercher des formes en mouvement plutôt que des chevreuils et des chevrettes.
  • Dès que vous voyez quelque chose qui bouge au loin alors vous regardez plus précisément, pourquoi pas aux jumelles pour identifier. Et souvenez-vous que les taches blanches aux fesses sont très caractéristiques de l’espèce.
Paysage visible depuis une route de campagne

Paysage visible depuis une route de campagne

Soyez quand même très prudent ! Préférez faire ce genre de repérages sur des petites routes de campagne peu fréquentées. Je ne veux pas être responsable d’un quelconque accident. Souvenez-vous que les arbres ne feront rien pour vous éviter. 🙂

Le mieux étant d’avoir quelqu’un à coté de vous. Il pourra non seulement vous dire s’il voit des chevreuils, regarder aux jumelles, prendre une photo pour croper à postériori. Mais aussi (et surtout !) vous prévenir si vous roulez à l’anglaise ! 🙂

Important : c’est comme les buses sur les piquets au bord des routes. Si vous vous arrêtez ou même si vous ralentissez, l’animal risque de fuir. Il faut donc rouler au même rythme, doucement si possible mais sans changer de vitesse brusquement. Et surtout ne pas vous arrêter.

Sachez ensuite que le chevreuil aime son territoire. Il revient souvent au même endroit. Pensez bien à noter l’heure et le lieu de votre repérage. Retournez-y plusieurs jours, au même moment, au même endroit, pour valider la première observation.

Et ça n’est que lorsque vous êtes certain qu’un ou plusieurs chevreuils sont habitués à une zone précise que vous pouvez dès lors commencer à réfléchir à une zone d’affût.

La manière indirecte

Si vous n’aimez pas trop la méthode de la voiture, celle-ci vous conviendra mieux. Il faudra alors utiliser les différents indices de présence laissés par le chevreuil.

Une petite parenthèse. Tous les animaux laissent des traces de vie. Même les plus discrets d’entre eux. Crottes, restes de repas, boules de poils, traces de pattes, ils ne peuvent pas y couper. Les prédateurs comme les proies sont soumis à la même règle du « je vis donc je laisse de traces« . 🙂

Les empreintes de pattes du chevreuil

Comme il fait partie de la famille des ongulés, ses sabots marquent bien le sol. Autant pour le lapin de garenne ou l’écureuil, trouver des traces de pattes est hasardeux, autant pour le chevreuil, ça fonctionne très bien.

Caractéristiques de la patte du chevreuil :

  • fait entre 4 et 5 cm de long
  • fait 3 cm de large
  • pas de différence entre brocards et chevrettes
  • longueur du pas entre 60 et 90 cm

Sur un sol mou, l’avant et l’arrière du sabot marquent bien. Il s’agit de ce qu’on appelle des onglons, deux restes de doigts à l’arrière de la patte qui peuvent donc marquer le sol mou.

 © UFR des Sciences de la Vie de Jussieu

© UFR des Sciences de la Vie de Jussieu

Sachez que les experts sont capables de déterminer à partir des seules traces de pattes :

  • si le chevreuil court,
  • s’il fait des bonds,
  • si c’est une femelle en gestation,
  • si c’est un faon par exemple.

Pour maximiser ses chances de trouver des empreintes de pattes, il faut aller sur le terrain quand le sol est humide. C’est le cas après un épisode pluvieux. Les sabots vont alors bien marquer. Il vaut mieux y aller en pleine journée, vous le dérangerez moins.

Les crottes du chevreuil

Les crottes font parties des traces visibles. Chez le chevreuil, on les appelle des moquettes. Il a la faculté de pouvoir déféquer en marchant. Pas mal pour gagner du temps ! 🙂 Les moquettes sont donc régulièrement dispersées au sol.

Caractéristiques de la crotte du chevreuil :

  • petits cylindres de 10 à 16 mm de longueur
  • 7 à 10 mm de largeur
  • couleur de brun foncé à noir
© Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons / CC-BY 2.5

© Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons / CC-BY 2.5

On peut aussi trouver des touffes de poils. Le chevreuil mue 2 fois par an et il n’est pas rare qu’il laisse des poils accrochés à des ronces ou des fils de fer barbelés. Ça peut éventuellement vous mettre sur la piste si vous en trouvez.

Evidemment, il ne s’agit pas ici de faire une petite randonnée à la papa. Vous ne vous promenez pas : vous recherchez des indices de présence. C’est une exploration active que vous devez faire. Rien d’autre.

Observer le cheveuil

À partir du moment où vous savez où se trouvent des chevreuils, que ce soit grâce au relevé d’indices de présence ou à la vue directe d’individus, il vous reste à les observer.

Rien ne vous empêche de photographier les chevreuils immédiatement. Je comprends que vous soyez impatient ! Mais le risque est, au pire de ne rien photographier du tout, au mieux de ramener des images sans grand intérêt.

L’observation répétée des individus sur le terrain est la clé pour faire de belles photos de chevreuil. Ce conseil est d’ailleurs valable pour tous les animaux photographiés. J’ai vu récemment un reportage sur Vincent Munier. Une phrase résume cette idée :

« Le secret de la photo animalière c’est de passer beaucoup de temps sur le terrain. Il faut être à  l’affût de tout ce qui se passe, lectures de traces, le vent, observer les animaux jours et nuits. Respecter et connaitre l’animal, plus on a de connaissances, moins on le dérange et plus on a d’images qui sont naturelles ». Vincent Munier

Extrait audio d’un reportage diffusé sur M6

Le chevreuil est surtout actif le soir au crépuscule et au matin au lever du jour. En hiver, vous verrez des rassemblements de 10 à 20 individus. Tandis qu’en été, cet animal est plutôt solitaire.

Il ne faut surtout pas se priver de venir l’observer le plus souvent possible … à bonne distance. C’est une étape indispensable qui vient avant la prise de vue. Il faut d’abord connaitre les habitudes de vie de l’animal.

Sachez que le chevreuil possède un excellent odorat. Être à bonne distance est nécessaire, être à bon vent est obligatoire. Le vent doit souffler de manière à ce que votre odeur d’humain soit apportée derrière vous. Rien de tel qu’une poire remplie de talc pour connaitre le sens du vent.

© Bruno Pesenti, sous licence CC BY-NC-ND

© Bruno Pesenti, sous licence CC BY-NC-ND

Voici les points importants à noter et retenir pour une préparation optimale de vos séances photos futures :

  • repérer les lieux de passage. Le chevreuil passe souvent au même endroit. Depuis le bois jusqu’au champ ouvert, ou d’un champ vers un autre champ, il emprunte les mêmes sentiers. Le top serait donc pour vous de parvenir à identifier ces lieux de passage.
  • Repérer le sens des vents dominants. C’est la plupart en provenance de l’ouest, mais dans certaines configurations locales, ça peut changer
  • Allez sur le spot photo au lever puis au coucher de soleil. Pas pour observer des individus, mais pour connaitre l’état de la lumière au cours de ces deux moments clés de la journée.
  • Repérer les fonds de vos futures images. Pour ça, pas de secret, il faut shooter à vide. Pour le coup, un petit tour sur le terrain en pleine journée suffira. Photographiez avec les mêmes réglages qu’en situation réelle afin de voir sur  l’écran le bokeh obtenu.

Quand vous aurez amassez tous ces renseignements, vous pourrez installer votre affût. Ou vos affuts, car rien ne vous empêche d’en placer deux. J’ai écrit un article où je vous explique comment installer plusieurs affûts photo. Un bon emplacement d’affût est le résultat des contraintes vues ci-dessus. Pas facile hein ? Si ça l’était, ça se saurait. 🙂

Photographier le chevreuil

Voilà, on y est. Vous allez enfin pouvoir mettre votre oeil dans le viseur. Tout d’abord, que photographier d’intéressant avec le chevreuil ? Voici une petite liste non exhaustive des possibilités :

  • le comportement. Parvenir à figer un comportement animalier est ce qui fonctionne vraiment en photo. Ça peut être une course, un étirement, des affrontements, un port altier, une mère qui s’occupe d’un jeune, …
  • le chevreuil dans son environnement. Je ne parle pas ici de photo naturaliste où tout serait net et sans aucune émotion. Il s’agit bien de photo artistique, celle où le sujet est parfois plus évoqué, suggéré, que montré ! Les contre-jours sont adaptés à un sujet qui tient une petite place dans l’image. La silhouette noire se détachant du fond de ciel lumineux.
© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-N

© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-N

Comment photographier le chevreuil ?

  • Un téléobjectif est indispensable. Cet animal subit une telle pression, en permanence (oui, les photographes aussi sont une source de pression), que sa distance de fuite est importante. Un 200 mm est à mon avis un minimum. Un 300 mm sera plus adapté. En dessous, vous risquez d’avoir le sujet trop petit dans l’image. Certes, la tendance actuelle en photo est à l’intégration de l’environnement proche. Faut quand même voir l’animal ! Si vous n’avez pas de super-téléobjectif, j’ai écrit un article pour photographier la faune sans super-téléobjectif.
  • Un téléobjectif avec une grande ouverture est nécessaire. Vos séances se dérouleront avec une quantité de lumière souvent limite, vous avez intérêt à ouvrir à f/2.8 ou f/4 en vue d’atteindre une vitesse d’obturation suffisante. Un 300 mm f/5.6 vous imposera vite ses limites.
  • A l’affût. Je ne suis vraiment pas fan de la méthode de la billebaude. Dérangements importants, source d’échecs répétés, attitudes animales artificielles, non vraiment, photographier à l’approche ne me convient pas. Peut-être parce que je n’y arrive pas bien ! 😉 Plus sérieusement, je suis certain qu’un affût bien installé et bien fait donne plus de satisfaction qu’une approche.

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© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-N

© Baptiste Guigue, sous licence CC BY-NC-N

  • Avec un trépied. Utiliser de telles focales oblige le photographe à placer son appareil sur un trépied. Vous gagnerez en stabilité mais aussi en confort. Impossible de tenir un 300 mm f/4, ou pire, un 500 mm f/4 pendant trois heures dans un affût !
  • Utiliser une grande ouverture. Mettez-vous en mode priorité à l’ouverture et ouvrez le plus possible le diaphragme ! Vous obtiendrez ainsi des arrières plans flous bien jolis et une vitesse élevée pour figer le mouvement
  • Utiliser une vitesse élevée. Oui, je viens de le dire. Non, je ne radote pas. 🙂 Avoir des images bien piquées s’obtient en grande partie grâce à un temps d’exposition très court. Tabler sur un 1/500 n’est pas du luxe. Vous serez certains d’avoir une attitude animale figée et nette.
  • Augmenter les ISO. Atteindre des vitesses élevées demande une bonne quantité de lumière. Mais vous l’avez compris, il en manquera la plupart du temps ! Alors si ouvrir le diaphragme n’est pas suffisant pour tenir le 1/500, augmenter les ISO. Il vaut mieux une image bruitée qu’une image floue non ?
  • Régler l’Autofocus en continu. Je ne vais pas m’éterniser sur toutes les appelations technico-marketing des marques. Trop pénible (mais que fait le législateur ?! 🙂 ). Alors débrouillez-vous pour paramétrer votre reflex en mode AF continu. Sur Pentax c’est AF-C. Et toc ! Vous n’aviez qu’à être Pentaxiste ! 😉
  • Prendre un seul collimateur pour la mise au point. Vous pourrez le bouger dans votre viseur avec le pad du reflex. Ceci vous permettra de créer de belles compositions en mettant le sujet sur un des points forts de l’image
  • Faire la mise au point sur l’oeil, ou à défaut, sur la tête. Sauf effet artistique voulu, c’est une des rares règles à respecter coute que coute. La mise au point doit être faite sur l’oeil.
  • Régler le mode de prise de vue en Rafale. Ça n’est pas tricher que de prendre 8 images par secondes pour augmenter ses chances d’avoir une image canon. Ce serait même stupide de ne pas en profiter !

Pour compléter le sujet, l’ami Cédric Girard avait écrit un article assez complet aussi. C’est ici.

N’hésitez pas à poster votre question dans les commentaires !