[Podcast #27] Michel d’Oultremont, le photographe solitaire

Dans cette interview du photographe animalier Michel d’Oultremont vous apprendrez :

  • la gestion d’expédition en solitaire dans un pays nordique
  • comment photographier la chouette laponne
  • comment faire pour connaitre un animal que l’on découvre seulement une fois sur place
  • comment faire pour photographier des rapaces nocturnes comme les hiboux des marais
  • comment se comporter pour ne pas faire fuir un animal
  • reconnaitre le comportement d’un animal qui risque de s’enfuir
  • comment faire pour photographier en basse lumière
  • une astuce pour gagner en vitesse en basse lumière
  • comment réaliser des photos artistiques en lumière déclinante
  • la différence entre le Tétra Lyre et le Grand Tétra
  • comment Michel s’y prend pour composer ses images

La première chose à faire est de visiter sa galerie photo dédiée évidemment à son expédition solitaire en Suède en cliquant ici

© Michel d'Oultremont

© Michel d’Oultremont

Vous pouvez retrouver le superbe site (et donc le travail de Michel) sur son site internet en cliquant ici. Michel a décidé de faire de la photo son métier. C’est courageux quand on sait combien il est difficile de gagner correctement sa vie avec ce job. Alors n’hésitez pas profiter de son talent et de sa gentillesse pour s’attacher ses services dans pas mal de domaine : stages, photos de mariage, reportages, tirages d’art, …

Michel est un habitué du blog puisque c’est maintenant sa troisième apparition. Il est déjà passé sous le grill de mes terribles questions 😉 par deux fois. Ici et .  Rien d’illogique car je l’ai dit et répété Michel fait partie des jeunes photographes qui sont en train de casser les codes de la photo animalière. Ses photos sont reconnaissables par son sens de la composition inné. Son travail sur la lumière est également énorme. Pas étonnant qu’il a déjà ramassé les honneurs de concours photos prestigieux comme le BBC Wildlife Photograph of the year ou encore le Fritz Polding Award du GTD

Ci-dessous, un (tout) petit aperçu de son savoir-faire. Ce qui doit provoquer chez vous de la motivation plutôt que du découragement ! Plutôt vous dire « ses photos m’inspirent, ça me donne des idées »  plutôt que « pffff, j’arriverai jamais à faire comme lui . » Ok ? 🙂

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© Michel d’Oultremont

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© Michel d’Oultremont

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© Michel d’Oultremont

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© Michel d’Oultremont

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© Michel d’Oultremont

Si ce thème du voyage photo vous branche, allez plus loin avec cette interview du photographe de voyage Phillipe Bolle.

Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour Michel.

Michel d’Oultremont : Salut Régis. Ça va ?

Régis Moscardini : Ça va, je te remercie. Là il fait très chaud  chez toi en Belgique et chez moi en Bourgogne en France. On est presque en plein mois de juillet. On profite de cette chaleur torride pour faire cette petite séance d’interview Skype. On va laisser les animaux tranquilles de leur côté et nous on va parler photo tous les deux.

Michel d’Oultremont : Tout à fait.

Régis Moscardini : Tu as fait un voyage dans les pays nordiques en début d’année 2015. C’était quand exactement, Michel ?

Michel d’Oultremont : Je suis parti le 4 avril en Suède, seul, pendant 25 jours. Avant cela, j’étais parti en tout début d’année, en février ou mars, en Norvège avec deux de mes amis. Mais on n’a pas énormément fait d’images, on a vu très peu d’animaux, on a eu des conditions assez difficiles, tempêtes, etc. Donc oui, j’ai été en Scandinavie en début d’année, c’était assez sympa.

Régis Moscardini : On pourrait parler évidemment de comment organiser un voyage photo et particulièrement dans les pays nordiques, parler du froid et tout ça. Mais on ne va pas aborder ce sujet-là, on le réservera peut-être pour une autre fois. On va surtout aborder quelques-unes des photos que tu as faites, tu as fait de très belles séries qui circulent un peu sur ta page Facebook notamment, sur ton site Internet aussi. On va aborder des aspects un peu techniques de la photographie, qui te concerne toi, que tu as fait pendant ce voyage-là. On va commencer avec une photo d’une chouette. Tu peux nous rappeler, s’il te plait, le nom de l’espèce de cette chouette-là ?

Michel d’Oultremont : C’est une chouette lapone. Elle n’était pas du tout prévue au voyage. Le voyage que j’ai fait en Suède, je l’avais vraiment axé sur les tétras-lyres et les grands coqs. Elle est venue un peu par hasard. Je savais qu’elle était présente sur place. C’est en partant dans un endroit où les tétras-lyres fonctionnaient assez bien, mais à un moment donné je voulais voir les autres espèces que j’avais en tête, voir un peu autre chose, donc j’ai continué à monter vers le nord.

Sur la route du nord, il y a un ami français qui m’a appelé en me disant, normalement à cet endroit-là il y a des chouettes lapones, ce serait intéressant que tu ailles voir. Effectivement c’était génial. Il y avait trois adultes dont deux qui nourrissaient un nid en forêt. Je n’ai pas été les chercher pour ne pas les déranger, je suis vraiment resté dans les plaines avec elles. Du coup j’ai pu faire pendant 3 jours des photos de ces oiseaux-là.

Régis Moscardini : Ces chouettes-là comme leur nom l’indique, les chouettes lapones, elles vivent principalement dans les pays nordiques, en Laponie notamment. Est-ce qu’on peut quand même les retrouver un peu vers le sud, Danemark, des pays un peu plus proches de chez nous ?

Michel d’Oultremont : Non, pas à ma connaissance. On les trouve essentiellement en Norvège, Suède, Finlande. Mais il y a très peu de données scientifiques sur cet animal parce qu’il est assez discret finalement. Les scientifiques ou les ornithos trouvent assez peu de nids par an, donc on ne sait pas trop. Mais à ma connaissance il n’y en a pas au Danemark, ça j’en suis quasi sûr.

Régis Moscardini : D’accord. Tu as dit que cette chouette-là n’était pas du tout prévue dans ton programme photo. Ça veut dire que tu avais assez peu de connaissance naturaliste à son sujet. On dit souvent qu’en photo animalière il faut d’abord connaitre son sujet pour aller après le photographier, connaitre ses habitudes de vie, son comportement, où est-ce qu’il vit. Pourtant tu ne devais pas connaitre grand-chose de cet animal-là. Comment tu as fait notamment pour le trouver, pour t’en approcher  et finalement t’adapter un petit peu à ses conditions de vie à lui ?

Michel d’Oultremont : Le trouver, je connaissais un peu la zone. Mon ami m’avait donné deux ou trois points GPS. Il y a des grandes plaines, donc j’ai été dans ces plaines à attendre dans l’obscurité, pour voir si elle chassait, etc. Pour les approcher, ce n’est pas un oiseau très farouche. Souvent dans les pays nordiques, la faune est moins peureuse que par chez nous.

Régis Moscardini : Parce qu’elle rencontre moins d’humains, ce qu’il fait qu’elle a moins peur de l’activité humaine ?

Michel d’Oultremont : Je pense que ça s’explique surtout par le fait qu’il y a moins de pression de chasse. A mon avis ça doit être dû à ça. Pour les approcher, finalement en y allant très lentement, petit à petit, on se fait accepter par l’oiseau. On arrive à une proximité assez intéressante, de l’ordre de 30-40 mètres. Cet oiseau, c’est un très gros rapace.

Régis Moscardini : Après, c’est vrai que la chouette lapone tu ne la connaissais pas très bien mais ça reste un rapace nocturne, ce qui fait que ses habitudes de vie tu les connais aussi. Les chouettes chez nous, les chouettes hulottes par exemple, ont des habitudes de vie qui sont sensiblement les mêmes, des habitudes nocturnes. J’imagine qu’il chasse aussi des rongeurs. Tu as pu t’aider de ces connaissances-là ?

Michel d’Oultremont : Oui, tout à fait. C’est un rapace qui se rapproche un peu plus du hibou des marais. Donc elle chasse vraiment au petit matin et fin d’après-midi. Il y a moyen de faire des photos quand il y a encore de la lumière. Ce n’est pas exclusivement nocturne. Ça permet de l’approcher tranquillement et de faire quelques images.

Régis Moscardini : Tout le monde n’aura pas la chance de pouvoir partir en Suède comme tu l’as fait à la rencontre de la chouette lapone. Malgré tout, on peut pratiquer la photographie de rapaces nocturnes chez nous, chouette, hibou, grand duc par exemple. Est-ce que tu as des conseils précis de photo à donner pour pouvoir réussir des clichés qui peuvent être sympathiques ?

Michel d’Oultremont : Tout ce qui est photo au flash des rapaces nocturnes, je ne connais pas grand-chose. Je n’ai pas la connaissance suffisante pour pratiquer avec le flash, etc. Mais après, pour le hibou des marais par exemple, il faut y aller très doucement. C’est comme toujours dans la photo nature, il faut prendre énormément de temps d’observation aux jumelles pour connaitre les habitudes des oiseaux.

En hiver, en janvier j’ai un peu travaillé sur le hibou des marais, j’ai fait quelques images de cet oiseau-là. Donc j’observais avant pour savoir dans quelle plaine il venait chasser. En fin de compte on arrive à trouver des lieux intéressants. Il faut juste attendre en affût et espérer que l’oiseau vienne chasser quand on l’attend.

Régis Moscardini : Pour la photo qui va apparaitre sur la vidéo à l’écran, à quel moment tu l’as prise ? Est-ce qu’il y a une anecdote particulière ? Est-ce que l’animal t’a vu à ce moment-là ? Comment ça s’est passé dans ce cas-là précis ?

Michel d’Oultremont : En fait l’oiseau était perché sur un piquet, un petit piquet de clôture assez vieux mais pas super esthétique. Donc pour ne pas qu’on voit ce piquet-là, j’ai fait en sorte d’avoir un peu de végétation devant moi. On dirait qu’elle est perdue dans la végétation, qu’elle est prise en forêt, c’était en bordure d’une grande plaine, il y avait plein d’épicéas qui bordaient cette plaine-là. Elle attendait, elle chassait. Je pense qu’elle m’a vu parce que je n’étais pas du tout camouflé. Elle m’a vu, ça c’est certain.

C’était la première fois que je la voyais sur le site. Il était assez tard, il était à mon avis vers 9h, 9h30, donc le soleil était déjà couché depuis un petit temps, c’est vrai que je suis en 1000 iso déjà mais finalement avec les boitiers actuels, ça passe assez bien. Là je suis resté presque une heure avec elle. Elle ne bougeait pas. Je ne pense pas que je l’ai dérangée parce qu’elle regardait tout le temps de souris ou des choses comme ça. Elle a fait deux tentatives de chasse devant moi mais elle a raté, malheureusement. Après je l’ai laissé tranquille une fois que je n’avais plus de lumière pour continuer à faire les photos et aussi pour la laisser la nuit tranquille.

Régis Moscardini : Une question qui peut être intéressante pour pas mal d’entre nous qui nous écoutent : un animal que tu dis pas très farouche, à quelle distance, toi, tu estimes que tu vas t’arrêter de t’approcher ? Tu dis qu’il n’est pas très farouche, tu peux t’approcher, il ne s’enfuit pas et on peut être tenté d’aller encore un peu plus près. Quelle est la limite que toi tu t‘imposes pour ne pas le déranger et ne pas le faire s’envoler ?

Michel d’Oultremont : J’essaie d’anticiper ses réactions. Si je fais un pas et que je vois qu’il commence à être stressé, je m’arrête et je recule de cinq mètres.

Régis Moscardini : Je te coupe, Michel, mais ce n’est pas que tu vas t’arrêter d’avancer mais que tu vas carrément reculer ?

Michel d’Oultremont : A un moment donné, oui. Si je sens que je commence à déranger l’animal, je recule pour lui laisser un peu plus d’espace, qu’il se sente moins menacé. Quitte après 20, 30, 40 minutes plus tard à ré-avancer un peu. Mais chaque situation est différente. C’est un peu comme les humains, chaque individu est différent, chaque individu aura sa tolérance. Il y a des oiseaux qui sont vraiment très peu farouches, on peut s’approcher à 3-4 mètres sans problème. Mais après, ça n’a pas trop d’intérêt à part le déranger dans son mode de vie.

Régis Moscardini : D’accord. Donc un signe de stress particulier pour cet animal-là, c’est quoi ? C’est la tête qui tourne, il bouge un peu plus, ça peut être quoi par exemple ?

Michel d’Oultremont : Déjà c’est un oiseau très facile, très calme, qui bouge très peu finalement et donc quand on voit qu’elle plaque ses plumes sur son corps ou qu’elle nous fixe vraiment droit dans les yeux, là on se dit qu’on est en train de la déranger, on va reculer, on va essayer de moins la stresser.

Régis Moscardini : Je reviens sur la petite astuce qui parait logique, qui parait pleine de bon sens mais on oublie souvent de le faire, c’est de se baisser un tout petit peu parfois, de changer un tout petit peu de point de vue, de se décaler d’un pas si on peut pour pouvoir cacher quelque chose qui peut être un peu disgracieux. Là tu l’as fait par rapport au piquet. Effectivement il y a une petite tache sombre qui est en bas de l’image. Mais il vaut mieux cette petite tache sombre qui est floutée, qui se fond dans l’environnement plutôt qu’un piquet qui rappelle l’homme dans la nature. C’est une astuce à garder pour éliminer quelques éléments disgracieux.

Michel d’Oultremont : C’est pour ça que j’essaie de travailler très peu au trépied finalement sauf quand je suis à l’affût fixe. Mais c’est vrai que parfois changer de juste 50 centimètres son angle de prise de vue, ça change complètement la photo. Donc on peut parfois passer à côté de superbes photos parce qu’on n’a pas eu le réflexe de soit se baisser soit se lever un peu plus. A mon avis ça doit arriver tous les jours, même si on ne s’en rend pas compte.

Régis Moscardini : C’est vrai que le trépied peut être un frein à cette petite créativité artistique parce qu’on pourra moins bouger, moins se baisser évidemment, sauf à décrocher les petits crochets des trois pieds. Mais ça peut être un frein à la créativité avec un trépied, c’est vrai.

Michel d’Oultremont : Oui, et en plus avec le trépied tu seras moins rapide finalement. Si tu as un animal devant toi et que tu aimerais bien le cadrer un peu plus haut ou un peu plus bas, avec le trépied ça ne marche pas. Le temps de le baisser ou le temps de te mettre bien avec ton trépied, l’animal il sera sûrement déjà parti. L’instant sera déjà passé. C’est vrai que sans trépied on est plus réactif.

Régis Moscardini : C’est vrai. Tu as commencé un peu à aborder le sujet sur la basse lumière. Beaucoup de tes photos dans cette série-là, que tu as faites en Suède, sont prises à des moments de la journée où le soleil est sinon déclinant ou en tout cas carrément absent. J’aimerais qu’on parle un petit peu de quoi faire quand la lumière est vraiment faiblarde, soit très tôt le matin ou très tard en journée.

L’été qui vient devant nous va être propice à des moments de lumière un peu déclinante. Donc il y a plein de trucs. Qu’est-ce qui te vient en tête, qu’est-ce que tu pourrais dire à ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent pour expliquer comment mieux se dépatouiller des moments où la lumière est vraiment déclinante ?

Michel d’Oultremont : Quand on va photographier vraiment en basse lumière, c’est d’utiliser le trépied dans ce cas-là. C’est un peu contradictoire mais c’est vrai parce que ça apporte une stabilité qui n’est vraiment pas négligeable. Là-bas j’avais la chance d’avoir un 400/2.8 que Canon me prêtait. Donc déjà en termes de luminosité, j’étais vraiment bien, j’avais souvent assez de vitesse.

Régis Moscardini : Là, pour le coup tu avais un 400mm qui ouvrait à 2.8. Tu vas systématiquement à l’ouverture la plus importante possible pour avoir le diaphragme le plus ouvert possible ?

Michel d’Oultremont : En autres, oui. En basse lumière, et après j’aime beaucoup l’effet de flou, le bokeh de cet objectif-là. Je réglais souvent l’ouverture. Pour revenir à la basse lumière, un bon trépied, essayer de calculer sa respiration  parce que quand on va respirer un peu trop vite, on a tendance à plus trembler, essayer de contrôler un peu ses émotions pour ne pas trop trembler devant les animaux, après monter en iso.

Régis Moscardini : Donc là, maitriser ses émotions, ça parait simple à dire et un peu plus difficile à faire. Il y a une astuce qui est toute bête qu’on pratique souvent, que je fais souvent aussi quand j’ai à parler en public, c’est avant de respirer un grand coup, ça marche vraiment très bien, vraiment se forcer de prendre conscience de sa respiration, tout simplement. C’est vraiment tout bête. De se forcer à respirer un peu plus, de prendre conscience de sa respiration. Ça permet de faire baisser un peu le cœur, ça permet de faire baisser le rythme respiratoire et ce qui fait qu’on maitrise un peu plus sa technique dans ces cas-là. Toi, tu conseilles de faire ça ?

Michel d’Oultremont : Oui. Souvent quand je vais photographier et que je suis en limite de vitesse, genre à 1/10 de seconde, où je sais que chaque tremblement va influencer l’image, je ne respire plus pendant que je fais la photo. Je respire une fois que l’action est passée ou quand je n’ai plus d’oxygène, mais j’essaie vraiment de rester en apnée le temps de la photo. A mon avis chacun a ses petits trucs, chacun doit trouver ce qui lui convient le mieux. En termes vraiment techniques, c’est monter en iso, enclencher l’automatisation s’il y en a un sur l’objectif et puis après faire le maximum pour que l’image soit réussie.

Régis Moscardini : Pour la montée en iso, maintenant la plupart des boitiers arrivent à monter, par exemple le 4.3 jusqu’à 3200, c’est facilement exploitable, je peux même aller jusqu’à 6400. Après, il y aura un peu de post-traitement. Est-ce que toi tu as un très bon boitier qui monte en iso ? La question c’est : est-ce que tu privilégies la qualité de la photo, quitte à ne pas la faire parce qu’il y aura beaucoup de bruit, ou tant pis tu la fais quand même et après on verra finalement à l’écran qu’est-ce que ça donne ?

Michel d’Oultremont : En général je me limite à 4000 iso, pour moi c’est la limite en termes de choix parce qu’après en qualité, comme tu disais, ça marche moins bien. Mais si je suis devant une espèce très rare, genre un lynx, un loup ou un ours, qu’on n’a pas l’habitude de voir et qu’il fait nuit, je vais monter en iso. Je ne vais pas rater l’image. Après, sur des images où je sais que j’aurai l’occasion par exemple de les refaire le lendemain ou la semaine suivante, je vais rester à des iso corrects pour avoir une image exploitable.

Régis Moscardini : Qu’est-ce que tu penses de l’astuce, pour gagner un cran de vitesse en plus, de corriger l’exposition par un – IL par exemple ? L’image sera sous-exposée évidemment mais on va gagner un peu de vitesse. Qu’est-ce que tu penses de ça, est-ce que c’est viable ou finalement ce n’est pas si bien que ça ?

Michel d’Oultremont : Moi, les diaphragmes, ils sont comme ils sont, je les utilise beaucoup pour avoir des rendus un peu sombres ou un peu clairs. C’est vrai qu’en basse lumière, pour rendre cet aspect d’absence de lumière, je sous-expose de temps en temps. Ça permet de rendre une atmosphère plus sombre, entre guillemets plus dramatique, où on sent la présence de la nuit.

Régis Moscardini : J’ai remarqué dans tout type de photos, récemment j’ai fait des photos de soirées d’anniversaire, c’était à l’extérieur sur la terrasse, il y avait juste la lumière ambiante de quelques bougies et d’une petite lampe d’ambiance, c’est vrai que si je laissais faire l’appareil à l’exposition normale que lui souhaitait, ça donnait des photos trop claires et il n’y avait pas l’ambiance tamisée de la soirée qu’on avait en vrai. Donc j’ai été obligé de sous-exposer pour retrouver l’ambiance qu’on vivait en vrai. C’est valable aussi, tu l’as dit, pour l’animalier.

Michel d’Oultremont : Oui, tout à fait. En plus, c’est idéal puisque du coup on va gagner de la vitesse et on rend vraiment ce qu’on voit. C’est assez important pour moi d’essayer de retranscrire au maximum ce que je vois, de retranscrire ce que je ressens sur le terrain. C’est vrai qu’avec cette petite technique on peut arriver à rendre vraiment ce que l’on voit.

Régis Moscardini : Est-ce que tu as des astuces pour l’autofocus, parce que c’est vrai qu’en basse lumière, il manque de la lumière évidemment, on peut penser que l’autofocus va patiner, ne va pas arriver à accrocher le sujet ? Tu fais quoi, toi, tu restes en autofocus et après tu finis avec le manuel ou l’inverse ? Comment tu te débrouilles pour arriver à faire le point rapidement et de manière assez sure ?

Michel d’Oultremont : En très basse lumière, si tu vois que l’autofocus patine et n’accroche plus rien, tu fais tout en manuel. Généralement les bagues de mise au point manuelle sont assez grandes pour pouvoir faire ça. Après si j’ai un doute, là c’est vraiment un des cas extrêmes où le soleil ne se lève que dans une heure et demie ou deux heures, où l’on ne voit que des silhouettes.

Je me mets en live view sur le boitier, je surexpose un petit peu sur le boitier, comme ça je vois un peu l’animal, si c’est hyper bruité sur l’écran et que je trouve ça vraiment très moche, je fais la mise au point sur l’oiseau, sur l’animal qui généralement à ces heures-là il ne bouge pas trop, je déclenche ma live view Là il faut vraiment des conditions où l’animal ne bouge pas trop mais ça arrive de temps en temps.

Régis Moscardini : D’accord. Dans le cas de la chouette par exemple, j’imagine qu’elle ne devait pas beaucoup bouger, donc tu pouvais faire cette technique-là typiquement.

Michel d’Oultremont : Tout à fait.

Régis Moscardini : Est-ce que, justement dans ces conditions de lumière déclinante, on se contente de faire des photos comme s’il y avait de la lumière, je veux dire des photos de comportements intéressantes, on essaie de figer le sujet par exemple, ou est-ce qu’on peut presque prendre le contrepied de ce que l’on sait faire habituellement et avoir un parti pris artistique assez poussé, je pense notamment à cette photo-là qui apparait à l’écran.

`C’est un clair-obscur très marqué, il y a quasiment un liseré de lumière, celle-ci tu n’as pas dû la faire en lumière déclinante. Comme du coup nos techniques habituelles en pleine lumière sont un petit peu mises à mal, qu’est-ce qu’on peut faire comme choses artistiques pour tenir compte de ces paramètres de lumière déclinante ?

Michel d’Oultremont : Dès que tu n’as plus de lumière, tu vas d’office tomber sur des temps de pose très longs, de l’ordre d’une demie seconde, d’une seconde parfois, donc là tu ne peux plus figer un mouvement ou un animal, tu vas faire du flou de bouger, du filet, tu peux arriver à faire des formes floues, des choses comme ça, c’est des choses qui marchent très bien.

Je pense d’abord sur les cerfs au moment du brame, j’aime bien faire défiler les cerfs qui se déplacent dans la plaine, tout ça, même si ça dépend complètement de lui. Après avec le filet, soit on arrive à plus ou moins anticiper le mouvement de l’animal et à le suivre, on va arriver à une image plus ou moins nette mais avec plein de mouvements dans les bois ou dans les pattes de l’animal.

Régis Moscardini : Evidemment il y aura beaucoup de déchets, il y aura beaucoup d’essais, d’erreurs, ce sera parfois trop flou, des fois on n’aura pas le résultat qu’on voulait mais ce n’est pas grave, il y a pour le coup beaucoup d’essais à faire mais ça peut être intéressant de travailler dans ce cadre-là. Je voulais discuter avec toi aussi, Michel, je pense qu’on est de plus en plus nombreux, photographes animaliers, à te connaitre, à connaitre ton travail et on sait qu’en règle générale tu es plutôt un photographe qui va rendre des ambiances.

Evidemment il y a l’animal dans l’environnement, c’est quand même ton sujet principal, l’animalier, mais toujours intégré dans un environnement un peu dramatique, un peu mystérieux, avec des brumes, avec des belles lumières, on te connait bien pour ça. Pourtant quand je vois la série que tu as faite, encore une fois ça s’affiche ici à l’écran, tu as fais des photos de tétras-lyres qu’on appelle aussi des coqs de bruyère que tu as pris aussi là-bas en Suède. Tu as fait des très gros plans. Les photos que tu sais faire habituellement, que tu maitrises parfaitement avec des ambiances, elles sont magnifiques également.

Mais je voudrais qu’on s’arrête un peu sur celles que tu as faites en gros plan. Avant que l’on parle de technique photo, j’aimerais qu’on parle du côté artiste, du côté photographe artiste. Qu’est-ce qui t’a amené et qu’est-ce qui t’a poussé à te dire, je vais changer un peu, je ne vais pas faire des photos d’environnement, en tout cas que d’environnement, je vais faire des gros plans, qu’est-ce qui t’a amené à avoir cette démarche-là artistique ?

Michel d’Oultremont : En fait en Suède, j’ai été assez opportuniste. C’est-à-dire que dès qu’un truc se présentait, j’essayais de le photographier comme je le voyais, comme je le ressentais. Ce tétras-lyre est venu sur moi au petit matin, il s’est approché, à un moment il devait être à 2 mètres de l’affût. Donc en voyant cet oiseau arriver vraiment plein pot vers moi, je ne pouvais pas ne pas déclencher. Ça n’arrive pas très souvent, c’est vrai que là c’est une opportunité à 100%.

Régis Moscardini : D’accord.

Michel d’Oultremont : Après j’ai eu de la chance qu’il arrive vraiment face à moi, de l’avoir vraiment de face avec ses deux sourcils rouges qui étaient assez contrastés sur le moment. Ça permet de voir une force dans l’image en portrait. C’est vrai que je fais plus souvent de l’ambiance, des choses comme ça, c’est des choses qui m’attirent plus d’un premier abord, je suis plus attiré par les images où l’on voit plus les environnements, le décor de l’animal que les images où on voit juste la tête de l’oiseau.

Mais quand des conditions comme ça sont toutes réunies, j’ai eu de la chance, je suis tombé sur un grand tétras fou. Le grand tétras fou c’est un tétras au moment des parades qui a une trop grosse dose d’hormones et s’attaque un peu à tout ce qui bouge. Là finalement j’étais sur un sentier forestier et je l’ai vu débouler de la forêt et attaquer ma voiture, donc j’étais un peu surpris.

J’ai fait les photos sans macro depuis la fenêtre de ma voiture. De nouveau une opportunité complètement incroyable. J’ai fait plusieurs variantes avec la mise au point, sans macro, parfois sur l’œil, parfois juste sur la queue derrière. Je trouvais que c’était intéressant de montrer ce bec hyper impressionnant ouvert où on voit le fond de la gorge de l’animal, qu’on n’a pas l’habitude de voir.

Après j’ai photographié cet oiseau-là bien plus au nord, j’ai passé presque 7 nuits, je pense, avec des résultats vraiment très maigres mais dans des conditions beaucoup plus naturelles, qui m’ont beaucoup plus plu. Ce grand tétras-là, je suis resté un après-midi plus ou moins avec lui. Ça faisait un peu gore entre guillemets avec l’oiseau vraiment très proche qui attaquait la voiture, je sentais que je le dérangeais, ça me mettait un peu mal à l’aise.

Donc à un moment donné je suis parti pour continuer mon voyage. Mais je savais que j’allais voir un grand tétras qui normalement fonctionnait. Je me suis dit, j’ai vu l’animal, je l’ai quelques photos mais pour aller plus loin je vais me mettre en affût calmement, en prenant mon temps.

Régis Moscardini : Est-ce que tu peux me dire, Michel, rapidement la différence entre le grand tétras et le coq de bruyère, pour ne pas confondre ?

Michel d’Oultremont : Oui. La grosse différence c’est la taille. Le coq de bruyère c’est l’équivalent d’une poule. Le grand tétras, c’est l’équivalent d’un dindon. Donc ça fait effectivement une grosse différence de taille. Le grand tétras est quand même moins commun que le tétras-lyre en Suède, même je pense partout dans le monde. Le grand tétras il y en a un peu dans les Vosges. C’est des oiseaux que Michel Munier essaie de protéger dans les Vosges. Il y en a très peu il me semble. C’est deux oiseaux complètement différents qui ont un peu la même sorte de vie, parce que l’oiseau en lui-même ressemble un peu au tétras-lyre. Mais la grosse différence c’est vraiment la taille.

Régis Moscardini : Je reviens sur la photo de très gros plan du grand tétras où tu as pris le bec net et le reste flou. Cette photo marche très bien parce qu’effectivement le bec est net. N’empêche, certes les yeux ne sont pas nets, ils sont dans la zone de flou mais ce n’est pas très embêtant parce que comme il y a ce gros sourcil rouge qui ressort beaucoup, ça compense finalement le manque de netteté et on voit quand même l’œil, on sait où il est, ça ne dérange pas et c’est ce qui fait que cette photo-là elle marche très bien.

Là pour le coup, tu casses vraiment les règles de composition, parce que c’est centré, c’est très symétrique. On dit souvent qu’il faut mettre le sujet sur l’un des quatre points forts de l’image, les tiers par exemple. Là ce n’est pas le cas mais ça marche quand même. Ce qu’il faut retenir, c’est quoi Michel, c’est que quand tu fais la photo, c’est à l’instinct, ou tu essaies quand même de composer un petit peu ? Comment tu fais pour avoir ces compositions-là qui sont toujours un petit peu hors des canons mais qui marchent à chaque fois ?

Michel d’Oultremont : En fait, sur le moment même, c’est un peu à l’instinct, j’essaie de composer comme il me plait sur le moment même. C’est sûr, j’aurais pu faire un cadrage qui aurait été mieux. Mais c’est vrai que sur l’instant quand je vois ce grand tétras en dessous de la portière de la voiture, en dessous de la fenêtre, qui me criait dessus.

En voyant ça je voyais vraiment la puissance de l’animal, je voulais retranscrire ça en photo. J’ai essayé de montrer ce bec complètement immense qui est presque l’équivalent d’une main, sa tête est aussi grande qu’une main avec un bec assez costaud. C’est  vrai que c’est comme ça que j’ai essayé de faire cette composition-là pour essayer de montrer la force de l’animal.

Régis Moscardini : Bien sûr. C’est réussi parce que vraiment cette photo-là est très surprenante, celle du coq de bruyère également, c’est moins plein cadre, c’est moins serré. Encore une fois, je reviens à ce que l’on dit toujours à ceux qui débutent, on fait la mise au point sur l’œil, on essaie de ne pas couper les pattes, de ne pas couper les ailes. Quand on fait un portrait, on essaie de ne pas couper une partie importante du corps de l’animal.

Là pour le coq de bruyère, tu as coupé carrément de chaque côté, la queue est coupée, on sent qu’il ne manque pas grand-chose pour que ça rentre dans le cadre, il n’y a pas les pattes non plus. C’est clair que ce n’est vraiment pas les conseils qu’on donnerait à quelqu’un qui débute. Encore une fois, tu casses les canons de la composition et ça marche encore une fois. C’est ça qui est assez fort chez toi, c’est que finalement tu ne respectes rien dans les compositions et ça marche, c’est ça qui est assez surprenant.

Michel d’Oultremont : Oui, c’est vrai. En fait j’ai appris la photo avec des revues photo dans les années 2005-2008 et on nous disait toujours dans les conseils qu’on pouvait recevoir, attention à ton sujet centré, à ne pas lui couper les ailes, etc. Donc j’ai fait beaucoup d’images comme ça, d’images très classiques où l’oiseau est pile poil entre deux croisements de lignes de tiers.

A un moment donné, je me suis dit finalement pourquoi ne pas complètement s’en foutre de ça entre guillemets et essayer de faire des images comme je le ressens sur le moment même. J’essaie de montrer en mettant par exemple l’oiseau complètement en haut en plein milieu de l’image ou en haut dans un coin ou parfois avoir juste la tête de l’oiseau qui dépasse en bas du cadre, ça m’arrive aussi parfois.

Après il y a carrément des compositions qui ne marchent pas, où la photo au final n’est pas belle. Mais vu qu’on est en numérique, un clic, ce n’est pas grave. C’est vrai que j’essaie toujours le hors-cadre.

Régis Moscardini : Ce que je retiens de ta série et qu’on pourra voir sur la page en dessous de la vidéo, c’est qu’en général tes gros plans sont plutôt symétriques avec des parties de l’animal qui sont coupées et ça ne gêne pas du tout. Par contre quand c’est des photos d’ambiance, on retrouve quand même des compositions un peu plus classiques, même si parfois tu casses un peu les codes et que tu laisses beaucoup d’espace et l’animal en tout petit, pas tout petit mais très serré sur un bord et beaucoup d’espace à côté, ça marche aussi.

Mais il y a quand même deux grandes tendances. Les gros plans c’est serré et plutôt symétrique, et quand c’est en ambiance on retrouve un peu quand même la règle des tiers, même si on sait bien que tu n’es pas celui qui va le plus les respecter. Une dernière petite chose, Michel, s’il te plait, c’est par rapport à ce voyage-là, il faudrait quand même on en parle un tout petit peu.

Donc 25 jours en Suède tout seul. Est-ce que c’est le meilleur moyen, d’être tout seul, pour s’imprégner dans le milieu ? Ce n’est pas donné à tout le monde de partir comme ça un mois tout seul à faire de la photo mais est-ce que ce n’est pas le meilleur moyen pour vivre la photo à 100% ? Ou à l’inverse est-ce que ce n’est pas un peu trop dur de ne pas pouvoir partager avec quelqu’un le soir, de dire moi j’ai réussi ça, j’ai raté ça, qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que tu en penses de partir seul comme ça ?

Michel d’Oultremont : C’était la première fois que je partais presque un mois tout seul. J’ai croisé très peu de personnes à part des Suédois. J’ai croisé un ami français qui était là, on s’est vu 2-3 jours sur la fin du voyage. On s’est peut-être vu en tout 2-3 heures. Mais c’était vraiment sur la fin du voyage. Finalement ça a bien été. La première semaine, j’ai fait très peu d’images.

Les 6 premiers jours, je n’ai quasiment pas déclenché. Là c’est vrai que c’est décourageant parce que déjà on est tout seul, on doit trouver notre propre rythme. Ne pas déclencher c’est un peu frustrant parce qu’on espère que tout le voyage ne sera pas comme ça, sinon les 25 jours vont être longs. Puis ça a été, j’ai trouvé mon rythme. Franchement partir seul, ça a été une super expérience. Je pense que je le ferai beaucoup plus régulièrement que ce que je fais maintenant. Avant je partais une semaine voire 10 jours seul mais pas sur des longues périodes de près d’un mois.

L’avantage c’est qu’on n’est pas bloqué, on fait vraiment ce que l’on veut. Si on veut aller voir telle partie de forêt, on va voir, personne ne te dit, moi j’ai plutôt envie d’aller voir la tourbière qui est à côté. Il n’y a pas de compromis, on est vraiment libre. Je pense que c’est comme ça que l’on peut vivre à fond. J’ai perdu presque une demi-journée entière à essayer de suivre les traces d’un loup. J’étais tombé sur deux ou trois empreintes, etc.

Quelqu’un d’autre qui est amoureux des oiseaux aurait dit, moi je suis venu, ça ne m’intéresse pas. Après, j’ai un peu parcouru la forêt, à le chercher sans le trouver malheureusement. Ça, je n’aurais peut-être pas pu le faire si j’étais accompagné.  Donc c’est vrai que partir seul comme ça, ça permet de vivre à fond ton aventure.

Régis Moscardini : Par rapport à ton caractère et à ta façon de faire seul, c’est peut-être évidemment la meilleure solution qui te va le mieux. Mais ça dépend aussi des uns et des autres, des caractères de chacun. Peut-être que certaines personnes ne sont pas capables de vivre toutes seules pendant quelques jours, parce que le besoin de parler, d’échanger est trop fort. Moi je pense que je serai plutôt dans cette optique-là, j’aime bien pouvoir échanger le soir par exemple. Donc ça dépend vraiment de chacun.

Michel d’Oultremont : Mais comme je te dis, une fois que tu trouves ton rythme, après ça va mieux. Mais c’est sûr que ça dépend du caractère. C’est même indépendant de ta volonté. Tu ne peux pas savoir. Je vais partir seul un mois, ça sera sans problème. Si ça se trouve au bout d’une semaine, tu peux être de retour à la maison.

Régis Moscardini : Bien sûr. Mais c’est une belle expérience aussi de vivre comme ça. On ne le fait pas finalement, on a toujours quelqu’un à qui parler, la famille, les amis, même dans le village dans lequel on peut habiter on croise toujours quelqu’un. Tout seul, ça doit être quand même assez particulier. Une belle expérience à tester, c’est vrai que ça peut être assez sympa. Dernière chose, Michel, avant de te laisser.

Les photos que tu as faites là, on peut les voir sur ton site Internet, je mettrai le lien en dessous de la vidéo. Malgré tout, j’imagine que tu as en projet sinon un livre au moins une exposition. Comment tu vas pouvoir exploiter à fond ces magnifiques séries que tu as faites là ?

Michel d’Oultremont : Honnêtement, je ne sais pas encore, étant donné que j’ai déjà une expo qui est déjà finie. Je vais commencer à monter une nouvelle expo avec beaucoup d’images entre guillemets inédites. Beaucoup de gens ont oublié mes images, elle va  commencer un peu à tourner. Pour l’instant je ne sais pas trop. C’est rigolo parce qu’on en discutait encore avec un ami photographe, que faire des images quand on revient d’un voyage comme ça.

J’ai contacté quelques magazines, j’ai quelques possibilités d’avoir un ou deux articles. Après il faut voir. Je pense qu’un projet de livre que sur la Suède, ou que sur la Scandinavie, ce n’est pas pour tout de suite parce que j’aimerais bien encore faire quelques voyages. Mais pourquoi ne pas mettre ces images dans un futur livre, pourquoi pas.

Régis Moscardini : D’accord. Michel. Je te remercie beaucoup pour cet agréable moment passé en ta compagnie, c’était vraiment très instructif. J’espère que ceux qui nous ont vus ou écoutés auront un peu voyagé avec nous en Suède, surtout avec toi parce que moi je n’ai pas voyagé du tout.

Michel d’Oultremont : En tout cas un grand merci à toi. Comme d’habitude c’est vraiment super sympa.

Régis Moscardini : Ceux qui veulent aller voir ton site, ta page Facebook, c’est juste en dessous de la vidéo. Comme ça ils pourront voir les magnifiques photos que tu as faites. Merci beaucoup Michel. A très bientôt.

Michel d’Oultremont : Merci à toi. Salut.

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3 Commentaires sur "[Podcast #27] Michel d’Oultremont, le photographe solitaire"

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[…] articles : l’interview de l’excellent Philippe Bolle et celle du non moins excellent Michel d’Oultremont (qui, au passage, fait partie des personnes d’expérience à contacter pour des trek photo […]

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[…] belge de la photo animalière, avec des photographes animaliers comme Michel d’Oultremont ou encore Philippe […]

Karin
Invité

Toujours aussi passionnant et pelin de conseils
Merci Michel et Régis

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